LES PLUMES
ÉPISTOLAIRES 1
Réponse à Pierrot Bâton
Si j’étais
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Quelle santé ce
loup ! je me méfie de la réponse du Renart et me verrais bien en petit
chaperon rouge pour lui répondre… non mais !
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En un mois, les idées ont changé…
Cher Ysengrin,
Je viens de recevoir votre missive.
Ma patte en est encore toute secouée et moi, n’en parlons
pas.
Après ma lecture, j’ai été tout tourneboulé.
J’ai pris ma plume au plus vite pour vous répondre.
Comment vous, vous avez pu retomber dans ce travers ?
Vous avez dévoré la chèvre de Monsieur Seguin.
Je ne comprends pas que votre psychanalyse ne vous ait pas
permis d’éviter une telle action.
Dix ans d’un travail presque hebdomadaire réduit à néant.
Ysengrin, je ne vais pas pouvoir vous sauver la mise à
chaque fois.
Je suis votre psychanalyste, vous me considérez comme votre
ami.
La déontologie de ma profession est mise à mal.
Ne touchez pas au petit chaperon rouge. Je vous en conjure.
De plus, de nombreux bruits courent à votre sujet.
J’ai entendu dire qu’un contrat avait été mis sur votre
tête. Le tueur est implacable. Quand il se met en action, rien ne peut
l’arrêter.
Heureusement, la somme exorbitante qu’il réclame n’est pas
encore atteinte.
Car il veut la totalité avant.
Il est le seul à avoir accepté cette mission.
Ysengrin, je vous en supplie.
Faites amende honorable.
Promet, jurez-moi que vous ne toucherez pas au petit
chaperon rouge, aux sept chevreaux, aux trois petits cochons, à l’agneau le
long de la rivière. Je suis sûr que j’en oublie.
Il parait même qu’un de vos ancêtres a voulu manger le Père
Noël.
Ysengrin, je vous en supplie.
Je ne veux pas aller porter un bouquet de coquelicots sur votre
tombe. Je sais que ce sont vos fleurs préférées mais je ne veux pas.
Sauvez-vous ou prenez la décision de vous faire interner à
la clinique des Trois Cèdres, comme je vous l’ai déjà recommandé.
Ils vous soigneront bien.
Même comme à un de vos cousins, ils vous apprendront à faire
un potager.
Ysengrin, j’espère que cette lettre n’arrivera pas trop
tard.
Promis, j’irais vous visiter régulièrement jusqu'’à votre guérison.
@ bientôt de vos nouvelles.
Renart, votre psychanalyste


