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lundi 15 août 2011

Rdv avec un mot (4), L'énigme des perroquets, mélancolie au programme

Sur une proposition d’Eiluned

Lundi 15 août 2011 : mélancolie

 



Une nouvelle aventure de




Mercredi matin, 8.32
Kelly-Anne sait, tout de suite, en posant son pied gauche au sol dès que le réveil a sonné que la journée va être pourrie. Aucune autre expression ne lui vient à l’esprit. Pourrie, cette journée. Elle le sait, elle le sent.
Elle a le cafard alors qu’aucune raison ne le justifie. Même pas son petit accident de voiture hier soir en rentrant. Juste un feu cassé. Rien de bien grave. Mais elle le sent, la journée est mal partie.
Le bouquet d’ancolies n’a pas encore baissé du nez. Enfin de quoi lui mettre du baume au cœur. Il égaie la table du salon de ses couleurs variées.
Attention… cela se gâte… elle le savait. Une grosse mouche bleue bizarre heurte à plusieurs reprises la fenêtre. Pas possible. Quelle toquade lui a pris de rentrer. Elle serait mieux dehors que de tourner en rond dans cette pièce. Cela commence à taper sérieusement sur le système de Kelly-Anne.

Non. Elle ne va pas se laisser mener par le bout du nez par cet envahisseur.
Comme si elle n’avait que cela à faire : chasser une mouche qui a choisi sa cuisine tout à fait par hasard pour se mettre à l’abri de la pluie qui frappe les carreaux.
Oh non ! Elle vient d’aller se poser dans son bouquet de fleurs. Et maintenant, elle fonce sur le pot de crème fraiche qu’elle vient d’ouvrir. Pas possible d’être tranquille.
La coupe est pleine. Folie douce au programme de la matinée, ce n’est pas exactement ce qu’elle avait prévu.
Impossible cette journée. Elle se sent la cible de tous les maux de la terre. La peur commence à la gagner.
Elle se demande si elle ne devrait pas retourner se coucher. Car tout est vraiment louche en ce début de matinée.




Une autre aventure ici


N.B.
L’énigme des perroquets – Quentin Kelly-Anne
Photo crédit ©Ernesto Timor

dimanche 12 juin 2011

L'atelier du dimanche (5), L'énigme des perroquets, les bottes de sept lieues


L’atelier du dimanche, l’atelier d’écriture de Skriban



Une nouvelle aventure de Kelly-Anne,



-       Pousse-toi ! je raconte en premier !
-       N’importe quoi. Tu as vu la tête que tu as !
-       C’est moi l’aînée et j’étais de sa première vraie escapade avec son amoureux.
-       Mais tu t’es vu. T’es toute éculée… t’es moche… t’es vieille… ta place, à la poubelle… plus dans ce placard
-       Je ne te permets pas… elle tient à moi, elle !
-       Regarde-toi… et d’ailleurs tu es seule… tu es gauche en plus… et ta droite, elle a disparu
-       Non, non… je suis là… mais je suis écrasée par une botte boueuse.
-       Silence, hurle la paire de chausson chat. Vous parlerez chacun à votre tour
-       Ah nous alors, dit la paire de mocassins noirs. Pousse-toi la botte boueuse. Que nous soyons bien serrés l’un contre l’autre.
-       T’as raison, le chausson chat… je laisse la parole aux anciens. Je suis respectueuse, moi la paire de sabots. J’en ai aussi à raconter. Elle nous a emportés une fois aussi.

La paire de mocassins noirs se mit sur son 31, tout en chaussant du 38, alla voir la boîte de cirage, se frotta au chiffon et à la brosse et commença à raconter :

Je me souviens, c’était le 9 septembre 2009.
Je me souviens, nous étions bien cirées. Elle nous avait mis à ses pieds et nous sentions qu’elle était toute guillerette.
Je me souviens que c’était la première fois où ils partaient tous les deux, elle et son amoureux. Il lui avait écrit la veille juste cette phrase « rejoins-moi à 7 heures à l’autoroute ».
Je me souviens que son cœur avait bondi, qu’elle n’avait pas réfléchi, qu’elle avait dit « oui. @ demain ».
Je me souviens qu’elle avait tout réglé vite fait bien fait, avait prévenu le voisin de son absence, lui avait demandé de nourrir ses animaux et avait préparé sa valise.
Je me souviens qu’elle avait pleuré, mais de joie ce jour-là. Elle attendait depuis si longtemps.

-       Dis le mocassin, t’avance dans l’histoire. Tes je me souviens… souviens-toi un peu plus vite. On ne va pas y passer la soirée.
-       T’as raison, dit la botte boueuse, car moi aussi j’en ai à raconter, mais c’était un mois après que j’étais de la partie.
-       Silence ! hurla la paire de chausson chat. À toi Mocassin…

Je me souviens…



PS : texte écrit sur la proposition de Gwenaëlle,
le 12 juin 2011 – seule modification, désormais la propriétaire des différentes paires de chaussures s’appelle Kelly-Anne.

N.B.
L’énigme des perroquets – Quentin Kelly-Anne
Photo crédit ©Ernesto Timor

dimanche 5 juin 2011

L'atelier du dimanche (4), L'énigme des perroquets, derrière la palissade...

 


L’atelier du dimanche, l’atelier d’écriture de Skriban





Une nouvelle aventure de Kelly-Anne,

 

 

Derrière la palissade…

 



Ce matin, il pleut à verse et je devrais avancer plus vite qu’à l’accoutumée pour aller prendre mon bus. Mais bizarrement tout semble au ralenti ce matin.

Et pas seulement moi, tout est au ralenti.

Les gouttes tombent avec lenteur, les nuages avancent tout lentement dans le ciel gris, un chien me croise, il est aussi au ralenti.

Pourquoi cette impression ?

Le temps semble s’être arrêté depuis que j’ai commencé à longer la palissade bleue.
Cette palissade devant laquelle je passe depuis maintenant déjà plus d’un mois.
Je n’avais rien remarqué jusqu'’à aujourd’hui.
Mais là … soudain… d’une façon soudaine, je mets un pied devant l’autre mais au ralenti… Le temps s’est suspendu.

Sans m’en rendre compte,
ma main gauche se plaque sur la palissade, juste à la hauteur de la lettre P,
ma main droite caresse la lettre O.
Sans m’en rendre compte,
mon œil fixe l’interstice entre les planches de la palissade blanche.
Mon corps bascule vers l’avant.
Mes mains se font plus fermes contre la palissade.
Ma tête se tourne légèrement vers la gauche.
Mon œil vise le trou dans la palissade bleue
Et là, je reste pétrifié.

Mon œil s’arrondit et je me demande si je rêve.
Derrière la palissade, une volière immense.

Mais comment depuis tous ces jours, n’ai-je pas entendu leurs chants ?
Ces oiseaux ne peuvent être sans voix. Mais je n’entends rien.
Suis-je devenu sourd ? Sont-ils muets ?

Un monde au ralenti, dans une autre dimension, est sous mes yeux.

Les oiseaux forment une foule bigarrée.
Tous semblent obéir, quelque que soit leur espèces, à un coq magnifique qui trône au milieu du lieu. Il me semble immense. Plus d’un mètre de haut. D’une main de maître, il régente l’immense volière.

Mais je n’entends rien.
Quel est ce monde ? Comment y pénétrer ?


PS : texte écrit sur la proposition de Gwenaëlle,
le 5 juin 2011 – seule modification, désormais « je » s’appelle Kelly-Anne. 

N.B.
L’énigme des perroquets – Quentin Kelly-Anne
Photo crédit ©Ernesto Timor


dimanche 22 mai 2011

L'atelier du dimanche (4), L'énigme des perroquets, sans regret


L’atelier du dimanche, l’atelier d’écriture de Skriban


Une nouvelle aventure


Sans regret…


Kelly-Anne lui avait encore fait des reproches, ce matin quand elle lui avait demandé de se dépêcher. En effet, elle voulait prendre la route rapidement, rêvant d‘aller errer dans ce petit village dont ses inséparables copines lui avaient vanté les petites boutiques, toutes plus charmantes les unes que les autres.
Il paraît qu’il y avait des découvertes à faire et qu’ils iraient de surprise en surprise.
Elle voulait s’en mettre plein les yeux.
-       Quentin, hier, tu étais d’accord pour que nous partions de bonne heure. Qu’est-ce que tu peux être lunatique ! aller, active-toi ! que nous en profitions. J’ai réparé le pique-nique et déjà tout mis dans la voiture.
-       Hier, c’était hier. Me faire lever si tôt un dimanche matin pour aller traîner dans des ruelles mal pavées, rentrer dans des magasins sans aucun intérêt alors que j’aurais pu…

Il préféra capituler et ne poursuivit pas sa phrase. Il ne souhaitait pas voir sa mine boudeuse et supporter sa mauvaise humeur toute la journée.

Il reconnut intérieurement qu’elle avait toujours de bonnes idées, mais il se serait bien gardé de lui dire. Cela faisait partie de leurs jeux amoureux.

Ils prirent la route. Une heure après, il dut reconnaître que le spectacle en valait le coup. Comment avaient-ils pu passer à côté d’un tel lieu lors de leurs promenades dans l’arrière-pays. Pourtant ils sillonnaient depuis maintenant plus de trois ans les alentours. Les amies de sa Clémence n’avaient pas menti. Pour une fois, elles avaient été de bon conseil.
Heureusement qu’il n’avait pas oublié son appareil photo, au moins cela l’occuperait pendant qu’elle courrait d’échoppe en échoppe.
On se serait cru dans un village de poupées ou dans un paysage de carte postale.
Le soleil était de la partie. Dès ces premiers jours de printemps, un parterre d’au moins mille anémones accueillait les visiteurs. Des anémones de toutes les couleurs. Un vrai régal pour les yeux.

Il ne devait pas la lâcher des yeux, car, comme d’habitude, elle volait d’un lieu à un autre. Elle semblait sans arrêt danser, virevolter. Les nombreuses années de danse classique qu’elle avait faites lui avaient donné une grâce sans pareil. Il la vit comme transformée en statue devant la devanture d’un magasin s’appelant « L’Étoile de mer ».
Que venait-elle de découvrir qui la laisse sans voix, comme pétrifiée.
Étoile, mer, dans quel songe était-elle encore perdue ? Pas devant l’étal d‘un poissonnier, elle n’aimait pas manger de poisson.
Alors devant quelle vitrine était-elle arrêtée ?
Elle, si iconoclaste, ne pouvait s’être arrêtée devant un magasin de bondieuseries. Le nom écrit en grandes lettres bleues n’aurait pas correspondu d’ailleurs au contenant.
Il s‘approcha et resta comme elle, admiratif devant cet étalage de tissus bayadères. Jamais, il n’avait vu un tel échantillon de couleurs. Tout semblait digne de la caverne d’Ali-Baba. Il lui prit la main et ils pénétrèrent dans ce drôle de magasin.
La découverte de tout un univers coloré et d’objets disparates s’offrit à leurs yeux, qui durent s’habituer à cette semi-obscurité. Il ne semblait y avoir personne dans ce lieu dédié aux rayures.
Elle ne savait plus où donner de la tête.
Ses yeux allaient des couvertures, où elle s’imaginait s’enrouler les soirs d‘hiver devant la cheminée aux couvertures des cahiers et divers autres calepins. Il y en avait de toutes les tailles. Du plus petit, qu’elle pourrait sans peine glisser dans son sac pour noter ses pensées au fil de l’eau au plus grand, où elle se voyait déjà coller les nombreuses photos ou récoltes de leurs promenades.
Elle regrettait de ne pas avoir pris son immense cabas pour rapporter sa future récolte.
Mais elle devait être raisonnable et ne pas se laisser emporter par toutes ses envies.
Il la regardait en souriant et en définitive, pas mécontent d’être là. Ils échangèrent un sourire complice.
Elle continua de l’observer du coin de l’œil et le surprit en train de toucher, presque caresser de grands coupons aux camaïeux de bleus, qu’elle verrait bien transformés en rideau dans son bureau. 
Il prit son air primesautier et lui mit dans les bras cinq pièces de tissu.
-       Tiens, pour faire coussins, rideaux, et tout ce que tu imagineras pour mon bureau.
Ils s’étaient compris sans même se parler.
-       Aller, laisse-toi aller. Prends des cahiers, des pochettes, des classeurs. Faisons-nous plaisir. On mangera des pâtes le reste du mois.
Heureusement qu’elle aimait les pâtes et il ne restait plus que neuf jours pour être le 1er juin.


PS : texte écrit sur la proposition de Gwenaëlle,
le 22 mai 2011 – seule modification, désormais Elle s’appelle Kelly-Anne et Lui, Quentin.

N.B.
L’énigme des perroquets – Quentin Kelly-Anne
Photo crédit ©Ernesto Timor



dimanche 8 mai 2011

L'atelier du dimanche (3), L'énigme des perroquets, résonances




L’atelier du dimanche, l’atelier d’écriture de Skriban


Une nouvelle aventure,


Il y avait dans son regard un mélange de tendresse et de douleur, une lumière propre à ceux qui vivent la vie avec infiniment plus d’acuité que les autres.

Et soudain, je me suis rappelé notre première rencontre et la lumière que j’avais vue dans ses yeux verts.

Tout à fait par hasard, nous nous étions croisés dans ce village qui pour nous était, le village de l’exil, loin, trop loin de notre région natale. Il m’avait bousculé, tout à fait involontairement, sur le marché ce fameux mardi 32 octobre. Les allées n’étaient pas très larges sur ce marché provençal où je n’allais disons que trois ou quatre fois dans l’année.

Ce jour-là, ma vie a changé.

Mon panier a répandu son contenu par terre. Je riais jaune, mais, en voyant sa tête, je me suis mise à rire franchement. Il m’a aidée à ramasser mes pommes de terre égaillées ainsi que mes pommes en l’air.



Sa réflexion m’a clouée :
-       Des reinettes de chez moi
-       De chez moi aussi.



Et la conversation s’est terminée autour d’un café pour lui, d’un chocolat pour moi, sur la place du marché.
C’était il y a maintenant presque cinq ans.

Et aujourd’hui, il a monté le chemin. Il avait eu soudain envie de temps pour nous, comme il dit. Trop peu souvent à mon goût.

J’ai posé deux assiettes sur la table.


J’ai posé deux assiettes sur la table.

Les deux survivantes du service de table du dimanche de grand-mère que j’ai reçu en héritage. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Juste deux survivantes des cinq qui restaient quand le partage a été fait.

Elles ont presque cent ans. Elles en auraient des choses à raconter.

Grand-mère m’avait dit qu’elle les avait reçues en cadeau de mariage de son frère, son cher grand frère Paul.

Ce frère si mystérieux qui hante, trop souvent à mon gré mes moments d’écriture. Je voudrais tant écrire sur lui. Je garde précieusement les lettres que ce grand-oncle Paul lui a écrites pendant la Grande Guerre. Je n’ai toujours pas pu les lire. Elles sont dans la boîte aux secrets.


-       Tiens, pourquoi ressors-tu ces assiettes-là aujourd’hui ?
-       Ce sont celles de grand-mère. Et je suis sûre qu’elles sont liées de près à l’oncle Paul. Je crois me souvenir que j’ai une photo de lui en militaire



Il a hésité un moment et il a dit, J’aimerais juste retrouver cette photo.


Il a hésité un moment et il a dit, J’aimerais juste retrouver cette photo.

-       De quelle photo parles-tu ?
-       De celle des sucettes en gare de Saint-Étienne
-       Je ne vois pas le rapport entre les assiettes et les sucettes
-       Si… rappelle-toi

Et me revoilà, rembobinant le temps, revivant une de nos escapades.
Saint-Étienne, l’hôtel en face de la gare, le repas.
Tes yeux qui brillaient, tes fossettes, la fossette au creux de tes reins.
Nos éclats de fous rires.
Le temps qui passait trop vite.
L’insouciance des moments hors du temps.
C’était quand déjà…
Presque deux ans… notre deuxième escapade…

Je n’arrivais pas à détacher mes yeux des siens.
Je m’y noyais.
Je m’y raccroche encore aujourd’hui.

-       Je ne sais pas…

Si tu dis que tu ne sais pas, c’est que tu acceptes. 





PS : texte écrit sur la proposition de Gwenaëlle, le 8 mai 2011 – seule modification, désormais Elle s’appelle Kelly-Anne et Lui, Quentin

N.B.
L’énigme des perroquets – Quentin Kelly-Anne
Photo crédit ©Ernesto Timor

dimanche 17 avril 2011

L'atelier du dimanche (2), L'énigme des perroquets, Quentin, l'amateur de thé



L’atelier du dimanche, l’atelier d’écriture de Skriban



Une nouvelle aventure de Quentin,

 

 

La lit-thé-rature


Quentin habitait quartier des Grands Augustins depuis sa plus tendre enfance et n’aimait pas quitter son quartier.
Sortir de la ville lui semblait au-dessus de ses forces.
Il ne faisait pas partie de cette race de guerriers qui ne sont bien qu’en partant conquérir le monde.
Il ne se sentait lui-même qu’entouré par ses livres. Grâce à eux, il partait en voyage.

Il se mit à écrire et à raconter des voyages, des expéditions, des épopées.
Tout sortait de son imagination, rien de réel, seul lui le savait.

Sa plume volait, ses crayons s’emballaient. Personne ne lui apprit à manier pastels et fusain. Il s’inventa un univers de mots et de dessin. Il expérimenta, déchira mille feuillets, recommença encore et encore. Il se forgea un style.

Il prit le pseudo de Moon Palace et ne le regretta pas.

Il empruntait la route du temps, de son temps à lui, à son rythme.

La publication de son premier récit fut le résultat d’un heureux concours de circonstances. Les illustrations avaient enchanté Comète, l’éditeur contacté parce qu’il était en haut de sa liste et qu’il lui semblait être tout indiqué vu son catalogue existant. Un des titres publiés, « Élixir d’amour » par une jeune auteure l’avait enclin à tenter lui aussi sa chance.

Les 32 pages de huit cases chacune racontaient l’histoire de Mikado, le samouraï.

Ce héros allait l’accompagner lors de dix volumes dont certains titres sont toujours dans les mémoires de ses fidèles lecteurs. « Exposition coloniale », « Maharadjah » et « Haute mer ».
Dix ans après leur publication, ils restaient encore parmi ses meilleures ventes et lui permettaient de prendre le temps d’écrire des histoires plus intimistes et différentes.

Comme son album, « Fleur du désir » qui raconte une rencontre amoureuse, la sienne avec celle qui est toujours sa compagne, Clémence, coloriste de son métier. Ils se mirent à écrire et à dessiner à quatre mains. Leur premier bébé fut un livre dont le titre voulait tout dire, « Fall in love ».
Puis il écrivit et mit en dessins « Trois noix », son premier conte pour enfants, lors de la naissance de leur fils, Milan.

Sa notoriété dépassa les frontières hexagonales et lui fit rencontrer les maîtres de la bande dessinée et lui ouvrit les portes des studios d’animation japonais où il entra dans un autre monde.
Il accepta enfin de quitter le quartier des Grands Augustins et partit avec femme et enfant au pays du soleil levant.
Il dirigea deux projets, dessina encore et encore, ne compta pas ses heures, anima, coloria et créa de nouveaux personnages qui vivent maintenant sur grands et petits écrans des aventures au cours de deux longs métrages d’animation, « Montagne d’or » et « Duvet du dragon », que bien sûr vous avez vous-mêmes vus, je n’en doute pas.




PS : texte écrit sur la proposition de Gwenaëlle,
le 17 avril 2011 – seule modification, désormais Il s’appelle Quentin.

N.B.
L’énigme des perroquets – Quentin Kelly-Anne
Photo crédit ©Ernesto Timor

dimanche 10 avril 2011

L'atelier du dimanche (1), L'énigme des perroquets, sur la route des vacances



L’atelier du dimanche, l’atelier d’écriture de Skriban

Un épisode de



Quentin
Direction le Nord !
Kelly-Anne
Le Nord, n’exagère pas… le Nord d’ici mais pas le Grand Nord… quoique… j’aimerais bien
Quentin
Ne rêve pas ! il fait trop froid et la voiture pas faite pour…
GPS
À 100 m tournez à droite
Kelly-Anne
N’importe quoi… ça commence mal
Quentin
Mets-lui la destination, j’ai oublié
GPS
Faites demi-tour
Kelly-Anne
Pendant tout le trajet, on va se la farcir
Quentin
Tu veux qu’on se perde… et t’entendre dire comme un gosse… quand est-ce qu’on arrive…
Kelly-Anne
Dis que je radote... mais la voiture… on aurait dû prendre le train…
Quentin
Note la destination
Kelly-Anne
Roc sur …
Quentin
T’es plus rapide en SMS que sur le GPS
GPS
Faites demi-tour
Kelly-Anne
Elle va se la fermer celle-là
Quentin
Mets-lui la bonne destination
Kelly-Anne
C’est fait elle trouve pas… inconnu qu’elle marque
Quentin
Gréez sur Roc… c’est pas compliqué
Kelly-Anne
Malin… tu m’as dit Roc sur Gréez
Quentin
Comme si tu ne savais pas où nous allions
Kelly-Anne
Je me rappelle jamais le nom de ton patelin de naissance
GPS
Faites demi-tour
Kelly-Anne
Elle a toujours pas vu qu’on est sur l'autoroute…
Quentin
Allez grouille… que je sache dans combien de temps on arrive… je vais téléphoner pour prévenir
Kelly-Anne
N’importe quoi … tu vas pas téléphoner en conduisant…
Quentin
Alors dans combien e temps
Kelly-Anne
Attends elle recalcule l’itinéraire
Quentin
Elle va nous faire passer par Tombouctou ou quoi
Kelly-Anne
Ca y est on arrivera à 23.15
Quentin
N’importe quoi… il est 6.15… on ne va pas mettre 17 heures… il faut 10 heures… rappelle-toi la dernière fois…tu lui as mis quoi comme ville
Kelly-Anne
Celle que tu m’as dit Roc sur Gréez… Gréez sur Roc
Quentin
Pas possible… recommence…
Kelly-Anne
T’avais qu’à le faire…
Quentin
Laisse... je vais faire
Kelly-Anne
Regarde la route… je maîtrise
Quentin
Pas tellement
GPS
à 1 kilomètre, prendre la sortie
Quentin
Heureusement que je connais la route… tu t’es trompée… elle nous fait passer par où
Kelly-Anne
T’inquiète… ça y est … j’ai mis la bonne ville… il faut bac plus 15 avec ton GPS
GPS
300 m, prendre la sortie
Quentin
je vais prendre la sortie sinon je vais m'énerver
GPS
prochaine sortie à 11 kms
Quentin
Plus logique
Kelly-Anne
Pas de problème… j’avais mis la bonne ville mais l’horloge était déréglée

Et le voyage se continua avec des interventions du GPS ponctuant leur trajet. Ils finirent par arriver à bon port.



PS : texte écrit sur la proposition de Gwenaëlle, le 10 avril 2011 – seule modification, désormais Elle s’appelle Kelly-Anne et Lui, Quentin – et leurs aventures (pardon, celles que je vais leur prêter !) se glisseront sous le titre de "L'énigme des perroquets"


Photo crédit ©Ernesto Timor