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jeudi 14 juillet 2011

Ecrire comme on respire (4), Camille, chapitre 4

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)


Épisodes précédents :
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3



Chapitre 4
Je farfouille dans les photos


Vendredi 1er juillet 2011,
Camille est ravi de son début de vacances. Il a d’ailleurs commencé son journal pour se souvenir de tout et épater ses copains à la rentrée. Il est sûr qu’il va avoir de nombreuses aventures durant les deux mois qui arrivent.
Il voudrait se livrer à sa nouvelle passion, le scrapbooking. Il veut prouver à ses parents qu’il est très habile de ses mains. En fin d’année scolaire, il a d’ailleurs participé à un atelier et il a été enthousiasmé. Avec toutes les photos trouvées au grenier aux dernières vacances, il va pouvoir s’en donner à cœur joie. En plus des vieux albums, il a trouvé cinq grandes boîtes à chaussures pleines à ras bord.
Il commence à les regarder. Il cherche des photos de ciel. Il a vu cela dans un livre : coller les photos des personnes sur une grande image de ciel comme pour y dessiner un arbre. Il fouille, les déclasse, cherche et soudain cette photo lui saute aux yeux. En plus, il a de la chance, il y a en cinq à-peu-près identiques.
Il retourne les photos et derrière la première, il lit :

« 1er mars 70,

Retour au pays natal.
Nestor m’emmène sur les chemins de son village d’enfance.
Il est 18 heures.
Le proverbe prédit :
« Ciel rouge le soir 
Laisse bon espoir ; 
Ciel rouge le matin,
Pluie en chemin. »

J’ai fait connaissance de toute la famille. »
Il a récupéré un morceau de papier peint, y coupe le format d’une grande feuille de papier. Il y colle les cinq photos récupérées. Il commence à dessiner son arbre généalogique. Il se replonge dans les boîtes à chaussures.
Il en cherche d’autres. Il retourne les cartes et y lit les messages de Nestor à Natacha, de Natacha à Nestor. Il ne voit pas le temps passé.
Il n’entend pas son grand-père s’approcher de lui.
Il sursaute quand celui-ci lui dit : « Ta grand-mère nous attend pour dîner. »


jeudi 30 juin 2011

Ecrire comme on respire (3), Camille, chapitre 3

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)


Épisodes précédents :
Chapitre 1
Chapitre 2


Chapitre 3
Photo ratée

Jeudi 30 juin 2011,
Camille vient juste d’arriver au Resty chez Nestor et Natacha, ses grands-parents paternels.
Il y passe ses vacances, toutes ses vacances comme tous les ans depuis que ses parents sont partis s’installer en Espagne. Il vient réviser son français, respirer la France et se faire gâter. Ses parents partent en amoureux, comme il dit et viendront le rejoindre pour passer les quinze derniers jours d‘août avec lui dans la maison de famille.
Camille aime feuilleter les vieux albums photo, qu’il a dénichés dans le grenier de la grande demeure lors d’une de ses escapades des dernières vacances. Il a caché ses trouvailles dans l’armoire à glace de sa chambre, cette chambre aménagée spécialement pour lui dans une partie du grenier.
Cette fois, son regard s’arrête sur cette photo d’empreintes. Maintenant, il sait lire. Il vient d’achever son cours préparatoire au lycée français de Valence et décide que ce n’est plus la peine que Papy Nestor lui lise le texte qui a été écrit en dessous. Il a reconnu l’écriture de sa grand-mère Natacha.

« Jeudi 29 février 1968,

Nestor et moi, notre première promenade dans la presqu’île.

J’avais bien fait d’emporter mon appareil photo. J’ai découvert un endroit comme je n’en avais jamais vu.
Et en plus avec l’homme qui j’espère, passera le reste de sa vie avec moi.
Mais chut ! Il ne sait pas que je l’aime et lui ne m’a rien dit de ses sentiments.

Six photos de traces dans le sable de la plage.

Cette première photo n’aurait jamais dû être dans cet album. Elle est ratée.
Mon intention de départ, photographier l’empreinte de mon pied droit à côté de celle du pied gauche de Norbert…
Mais j’ai dû appuyer par mégarde sur le déclencheur et de pieds, aucune trace.

Pourtant j’avais déjà imaginé y noter la légende : « le début d’un pas de deux ».

En lieu et place de cela, un  rectangle de sable gris, caractéristique de l’endroit. J’y ai vu une empreinte de chien, celle d’un oiseau, celle d’un tout petit pied de bébé, le dessin stylisé d’un lapin, d’un chat… Elle m’a plu. Je l’ai gardée et collée dans cet album»



jeudi 16 juin 2011

Ecrire comme on respire (2), Camille, chapitre 2

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)




Épisode précédent :
Chapitre 1


Chapitre 2
Plage avec un pin

Mardi 14 juin 2011,

Un enfant feuillette un album photo.
Ses grands-parents ne sont pas loin, ses parents l’ont laissé avec eux après le week-end de Pentecôte :

-       Dis, Papy Nestor, c’est où ? Je veux que tu m’y emmènes.
-       Va demander à ta grand-mère Natacha.
-       Papy, raconte-moi… je ne sais pas lire… tu me lis Papy, ce qu’il y a d’écrit sous la photo.
-       Natacha, Camille veut que je lui raconte la photo où il y a la plage et le pin. Tu te souviens ?

Et Papy Nestor se mit à lire…


« Jeudi 29 février 1968,

Photo de l’endroit où j’ai emmené en promenade pour la première fois Natacha.

Ma Pâquerette s’était égarée sur la terrasse de la maison de bois où Natacha était la baby-sitter d’un petit chenapan, qui s’était pris d’un véritable amour pour ma chèvre préférée.
Ce jour-là a été le plus beau de ma vie.
Cela se passait dans mon village de montagne où elle passait des vacances studieuses et rémunérées par les parents de Charles, qui du haut de ses 7 ans savait tout et la faisait tourner bourrique.

Pâquerette retournait toujours vers leur chalet, encouragée par Charles qui la gavait de branches de laurier palme.

Je suis tombé sous le charme de cette que j’appelais alors, Pâquerette bis.
Il faut dire que j’étais et suis encore très timide et qu’à part me confondre en excuses je ne savais pas quoi lui dire.
Mais Natacha, c’est Charles qui m’avait dit son prénom et beaucoup d’autres choses aussi, osa plus que moi. Nous avons échangé, en plus des sourires, des mots qui embrasaient mon cœur entre deux visites.

Je voyais la fin des vacances arrivée à grands pas et je ne voulais pas la laisser partir sans me déclarer.
Je n’avais pas beaucoup de vacances à cette période, la saison battant son plein.

Un jour, je pris mon courage à deux mains, plutôt à mille mains et lui proposais de venir à la mer, dans la presqu’île passer une journée. Je lui affirmais que dans moins de quatre heures nous y serions. Nous quittions la montagne pour la mer.

Elle a été enchantée de ma demande et nous avons pris la route…du bonheur. »

Camille n’a pas attendu la fin de la lecture pour s’endormir sur les genoux de son grand-père qui continua de parcourir l’album.
Il pensa que ce jour-là, il avait pris la route en compagnie de Natacha, la route était toujours ensoleillée et Natacha encore plus belle.






jeudi 2 juin 2011

Ecrire comme on respire (1), Camille, chapitre 1

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)


Chapitre 1
Pâquerette



Photo et texte retrouvés dans l’album photo de Natacha.

« Pâquerette pose.

Eh vous là ! Oui vous ! Vous arrêtez avec votre appareil photo…
Oui je sais que vous voulez me prendre en photo… ce n’est pas la peine de faire semblant.
Et ne détournez pas la tête quand je vous parle.
Oui, c’est moi Pâquerette qui vous cause !
Oui, moi, la chèvre noire au doux nom de Pâquerette.
Je vous interdis de vous moquer.

Pourquoi ce nom ? Je sens que vous vous posez la question.
Parce que le jour de ma naissance, la première pâquerette avait fleuri devant l’étable et celui qui allait devenir mon maître, Nestor, cela lui a semblé évident. Il avait tout juste une petite vingtaine d’années et avait habitude de compter fleurette aux belles estivantes qui passaient dans le coin. C’était il y a déjà cinq ans.

Vous ne rêvez pas. Je parle.
Je sais aussi que je suis la plus belle du troupeau.
Vous en doutez ?

Arrêtez de me regarder comme cela…
Je vous dérange… je fais peur au jeune enfant caché dans vos jupes !

Il ne craint rien. C’est votre fils ? Vous me paraissez bien jeune pour cela. Votre frère ? Beaucoup d’écart… ah bon ! Vous êtes sa baby-sitter.

Pâquerette ! Pâquerette !
Nestor m’appelle.
Ah ! Je me suis égarée sur votre terrasse. Pardon, je courais après un papillon…

Comment Natacha fit la connaissance de Nestor. »

ՙ© 2011 32 Octobre