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lundi 29 juin 2015

100 graines d'idées # 09

Sur une idée lancée le mardi 16 juin 2015 ici
ma participation à
« 100 graines d’idées »

LUNDI 29 JUIN 2015 - 100 graines d'idées #09


Pourquoi le trèfle à quatre feuilles porte-t-il bonheur ?


Atelier Émile Gallé (1863-1930)


-        Par un beau matin d’été, je déciderai de partir à la recherche de trèfle à quatre feuilles, commence à déclamer Gustave sur le pas de sa porte. Je veux être reconnu comme un quadrifoliiste, comme l’homme le plus chanceux du monde !
-        Oh la la Gustave quel style ampoulé pour juste nous raconter votre quête d’un trèfle à quatre feuilles que d’ailleurs vous avez très peu de chance de trouver.
Un sur dix mille trèfles à trois feuilles.
Rareté, rareté !
Que d’histoires, Moi, Professeur Pivoine pourrais-je vous raconter pour vous éviter cette perte de temps et surtout cette déconvenue.
-        Un instant, Professeur Pivoine, ne brisez pas mes illusions.
On m’a déjà tout raconté sur les quatre feuilles du trèfle. Amour, gloire et beauté – pardon je m’égare. De votre faute, vous somnolez tous les après-midis devant ce feuilleton, depuis des années.
-        Insolent ! Vous n’êtes qu’un insolent Gustave.

-        Très cher professeur, ce n’était qu’une plaisanterie.
Rien ne me ravit plus que vous entendre m’enseigner mille et une choses.
Et d’ailleurs quelle est votre théorie sur cette quatrième feuille ?
-        Franchement, Gustave vous vous moquez encore de moi.
Les quatre feuilles sont espoir, foi, amour et chance.
Et aussi renommée, richesse, amour et santé si vous vous sentez l’âme anglo-saxonne

-        Ah bien réfléchir, je préfère votre première déclinaison, professeur Pivoine

-        Que ne devrais-je pas imaginer pour mon élève préféré, n’est-ce-pas Gustave ?
Une histoire de petits lapins farceurs se poursuivant dans un pré, d’une troupe de tortues mâchouillant des feuilles de trèfle,
Aussi celle peut-être d’une colonie de poules rousses cherchant elles aussi les trèfles à quatre feuilles, encore plus sucrés que les autres
Trèfle dont le nectar de fleurs viendra parfumer votre miel préféré, mon cher Gustave
-        Rassurez-vous, professeur Pivoine.
Et si nous dégustions un thé de fleurs de trèfle. Cela nous portera bonheur, j’en suis persuadé.


Les personnages, par entrée en scène
-        Gustave
-        Professeur Pivoine




vendredi 4 mai 2012

Les Vases Communicants (8), Mai 2012, Brigitte Célérier


Dans le cadre des VASES COMMUNICANTS
du mois de mai 2012

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

Ci-dessous le texte qu’a bien voulu me confier

Brigitte Célérier…


Courez la découvrir ici ou encore ici.


Supplique


dans le bleu si dur, qu'on le dit azur, le bois lancé en plainte, juste le jeu de la lumière, trop discret, pour apaisement
ô le bois cassant, torturé, la peau très lisse, brun morne un peu verdi, les petites fins claires de ces rameaux, les ombres qui dessinent la forme, qui tournent, et l'éclat des cassures
dépouillement
vers la gloire de la lumière, branches dardant leur survie, humble supplique, la douceur charnue des fleurs
le rose qui s'évanouit, les blancs retroussis, l'abandon à l'air, l’amollissement, juste une évocation des formes, souvenir de l'éclosion, et leur charme actuel, bijoux baroques, décadents
un au revoir
les aimer, car se sentent nues, livrées au regard, en leur faiblesse venue, exhibées, sans leur écrin, leur nid de feuilles, les feuilles drues et larges, brillantes, si vertes
fières encore de leur splendeur, leur royauté si proche, se persuadent vaillamment, le veulent croire, qu'elles sont inchangées
dépouillement, au revoir hésitant
elles sourires brouillés, elles radieuses, encore, elles charmantes, soumises, à la merci d'un souffle, sous la cruelle caresse du soleil
elles beauté qui nous est grâce, dans la tiédeur qui s'endort, dans la lumière, la chanson du jour
dépouillement, au revoir hésitant
la douce nuit vient


Pour découvrir tous les textes du mois, ici ou

Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants, que chacun puisse relayer les autres... »


vendredi 14 octobre 2011

Plumes épistolaires (1), Trèfle à son hôtesse



LES PLUMES ÉPISTOLAIRES  

Publié le  par Asphodèle


v Si J’étais…

Sieur Trèfle
Poulailler de l’Olivier
32 Bout du chemin
ROC SUR GREEZ


Madame et chère hôtesse,


Vous écrivant au point du jour, je pourrais vous coqueliner les mots qui vont suivre et non vous les écrire, mais je ne crois pas que vous ayez étudié le langage coq au collège et en plus il y a si longtemps. Je crois d’ailleurs que vous étiez nulle en langues étrangères. J’ai mes sources.


Je suis le sieur gallinacé de votre humble demeure, où vous avez bien voulu m’accueillir il y a maintenant plus d’un an, très exactement 473 jours (soit 14 fois 32 + 25 unités – je connais votre attirance pour le 32).

Je suis encore traumatisé par cet événement qui m’avait fait atterrir en deux temps trois mouvements chez vous. J’avais été chassé avec ma première compagne, Pépette (paix à son ame) d’une maison où mon poulailler est devenu pool-house pour deux donzelles qui du jour au lendemain ne nous regardaient même plus. Elles mangeaient les œufs amoureusement pondus par Pépette et c’est tout. Nous avons été négligés après l’attrait de la nouveauté : oh, les mignons poussins ! Tu parles !


Mais là, je me dois de vous écrire pour vous faire part de mon désarroi.


Je n’avais pas osé vous déranger lors du départ précipité de deux compagnes… par les soins d’un chien errant ou d’un renard malin. Dure loi de la nature !
Je ne passe pas un jour sans lancer un cocorico à leur attention. Je suis persuadé qu’elles m’entendent au paradis des volatiles.

Je me dois de vous aviser de faits très inquiétants venant de se dérouler pendant la dernière quinzaine.

Vous n’avez pas manqué de vous en apercevoir.
Je sais que vous avez pleuré et que avez été triste de longs jours.

Mais revenons à nos moutons, si je peux me permettre.

Mon harem s’est réduit à deux seules gallinacés et comprenez mon émoi et ma détresse.
Nous étions 5 dans notre logement 4*, que vous nous avez aménagé au fil des jours avec un renforcement de la sécurité impressionnant.

Mais, nous ne sommes plus que 3.

En effet, cette chienne venue de nulle part que vous avez accueillie (je ne peux vous reprocher votre bon cœur) a estourbi Jabote, la poule noire au poitrail roux. Vous avez été témoin de ce triste événement. Je vous ai même entendu téléphoner, à un refuge ne supportant pas cette action meurtrière.

Puis, vous avez tempéré, cette Gala s’est montrée brave et tellement attachante bien que je m’en méfie à tout instant. Elle a son chic pour vous regarder en penchant la tête et en faisant ses yeux malheureux.

Une quinzaine après, j’ai du pleuré ma Nénette et là, c’est la goutte de sang qui fait déborder le vase.

Gala en était-elle responsable, malgré toutes vos précautions, je le crois et je le crains.

Nous allons devoir tous les deux prendre une grave décision.

C’est elle ou nous !

Mais je sens que je ne peux vous imposer ce choix cornélien…

Alors qu’allons-nous faire ? Instaurer des tours de promenade comme si nous étions en prison… vous imposer une discipline draconienne pour ne jamais nous laisser libres ensemble.

A chaque instant, vous êtes responsable de moi et de mes compagnes (au fait, ne pourriez-vous pas inviter deux nouvelles poulettes dont une belle poule blanche…), je vous lance cet appel de détresse : sauvez-nous !

Entendez mon coqueriquement désespéré et veillez sur nous.


Croyez, Madame et chère hôtesse, à notre dévouement.

Glou glou glou
Sieur Trèfle pour vous servir










Sous ma dictée
Par la plume de


samedi 30 juillet 2011

Chez Asphodèle (4), Corentin, Charlotte, Noémie - chapitre 4






  

COLLECTE
DALLE – DIVIN – DÉCLIN – DIAMANT – DÉSIR – DÉLIQUESCENCE - DANSE – DÉMON – DÉSAMOUR – DÉSESPOIR – DAUBE – DEVORER – DIPLOMATIQUE – DRUIDE et DIATRIBE. 


Épisodes précédents de l’histoire de Corentin et Charlotte :
Chapitre 1
110709_la lettre A
Chapitre 2
110716_la lettre B
Chapitre 3
110723_la lettre C

Épisodes précédents de l’histoire de Noémie :
Chapitre 1
110505_Édition 29
Chapitre 2
110512_Edition 30
Chapitre 3
110519_Edition 31

La gardienne des jardins de l'Anagramme

Charlotte et Corentin vous prient d’excuser leur absence et leur impossibilité de vous donner de leurs nouvelles. Ils sont partis passer une semaine divine à dos de dromadaire dans le désert du Ténéré, séjour qui leur a été offert par… mais c’est une autre histoire qu’ils ne manqueront pas de vous raconter à la prochaine occasion. Je suis même persuadée qu’ils nous rapporteront de leur séjour bon nombre de photos et ne manqueront pas de nous les commenter, plutôt deux fois qu’une. Un peu bavards nos amoureux !

Excusez-moi, je ne me suis pas présentée, je suis Noémie.

Corentin et moi, nous sommes amis d’enfance et continuons d’habiter la même ville et donc de nous fréquenter. J’ai été chargée par Corentin de veiller, pendant leur absence, sur son jardin potager dans les jardins de l’Anagramme. Il m’a beaucoup parlé du fameux bouquin qui a pris l’habitude de casser la dalle dans les plates-bandes de son potager. D’ailleurs, je devrais lui trouver un petit nom à ce trublion. Même plus, je devrais lui faire rencontrer Trèfle, le lapin héros des histoires que j’écris régulièrement. Je ferai ainsi d’une pierre deux coups. Il faut que j’y pense très sérieusement.

Un coup d’œil au calendrier me rappelle que nous sommes mardi. Un nouveau chapitre à écrire pour mon futur chef d’œuvre « SYSTÉMATIQUE » est ma tâche de la journée. Si je n’y crois pas moi-même, qui y croira.
Je relis le dernier chapitre écrit, ce dernier mardi. Le titre me plaît toujours autant « L’horloger ». Mais les larmes perlent à mes yeux.
Je me demande si ces dernières lignes ne sont pas l’histoire du déclin d’un amour fou, qui a toujours pour moi les éclats mais aussi les défauts du diamant.

Mon plus cher désir à ce moment précis, finir ce livre que je porte depuis si longtemps. Il faut que je me prépare à en écrire la dernière page.
Je dois regarder devant, je dois essayer de ne plus penser, je dois avancer, je dois… Une litanie digne d’une consigne oulipienne. Je dois, je me souviens, je craque, je ne craque pas.
Je ne vais pas tomber en déliquescence et exécuter la danse de Saint-Guy.
J’en serais pourtant bien capable. J’ai toujours été un peu du genre démon depuis ma tendre enfance. Étant en plein désamour, je ne sais vraiment plus de quoi je peux être capable. Mais je vais me ressaisir. Je ne vais pas me mettre à hurler mon désespoir à tout va.

Il y a pire que ma situation. Allons de l’avant et de ce pas au potager pour prendre des nouvelles de ce lièvre, un peu trop gourmand. Attention à lui, il risque de finir en daube s’il exaspère trop Corentin.
En effet, tel que je le connais, il n’est pas très diplomatique.
D’ailleurs, comment engager des négociations avec un lièvre. Cela n’existe que dans les histoires que je me plais à écrire et que mes lecteurs vont continuer à dévorer, je n’en doute pas. Mon éditeur ne m’aurait jamais sans cela commandé une trente-deuxième aventure de Trèfle. Il m’aime bien mais pas à ce point. Je reste lucide. Cette aventure en cours d’écriture se déroule dans la forêt de Brocéliande, terre de druides, de l’enchanteur Merlin et de légendes et non de diatribes.

mercredi 11 mai 2011

Désir d'histoires (2), Noémie, chapitre 1




Noémie.

Jeudi, 17.44… un grand vacarme dans le ciel encore bleu de cette fin de journée ensoleillée. Le vrombissement d’un hélicoptère. Cela se produit de plus en plus souvent depuis maintenant une bonne semaine. Parfois même la nuit.
Elle angoisse. Elle n’aime pas ce bruit.

À la recherche d’un voleur, d’une disparue, d’un meurtrier, d’un homme en cavale. Que de questions et surtout aucune réponse. Le plus souvent, l’hélicoptère est blanc et vole à basse altitude. Il lui qu’elle pourrait presque le toucher.
Trois fois aujourd’hui, l’hélicoptère a traversé le ciel. Les mailles du filet se resserreraient-elles autour d’un individu ? Rien ne filtre dans la presse. Le bruit est assourdissant.
Elle angoisse. Elle n’aime pas ce bruit.

Allez protester, mais où, elle ne savait. En savoir plus… elle aimerait. Elle souffre de voir ses temps de repos dans ce lieu sublime gâchés par ce bruit. Elle se sent poursuivie. Elle n’arrive plus à se reposer. Elle écoute le moindre bruit, tend l’oreille et sursaute quand le bruit de l’hélicoptère déchire le ciel.
Elle qui a toujours été admiratrice des grands pilotes qu’ont été Mermoz ou Saint-Exupéry n’éprouve aucune sympathie pour ces trublions, ces empêcheurs de calme.
Elle en deviendrait violente et souhaiterait que le pilote aille rapidement manger les pissenlits par la racine, elle l’apôtre de la non-violence. Mais sa patience a des limites. Elle s’imagine tout d’un coup en vengeresse, en une héroïne de science-fiction que rien n’arrêterait.
Son angoisse monte. Elle déteste ce bruit.

Sa chevelure, ordinairement disciplinée est tout ébouriffée. Elle ne cesse de se passer la main dans les cheveux, d’enrouler ses boucles autour de ses doigts. Sa manière à elle d’essayer de vaincre son stress et sa peur.

Elle se demande si elle ne va pas aller voir son voisin le plus proche, un Québécois exilé en cette terre de Provence. Elle croit se souvenir qu’il a ses entrées auprès du commandant de la gendarmerie.
Ce bruit fait par l’hélicoptère va l’obliger à surmonter sa timidité. Ce voisin, elle ne l’a vu qu’une fois, quand il est venu se présenter comme le nouveau propriétaire de la maison voisine de la sienne. Voisine, façon de parler.

C’est vrai qu’elle avait choisi cette demeure pour ne pas être dérangée. Elle souhaitait pouvoir être isolée pour essayer de mener à bien ses nombreux projets d’écriture.
Elle cherche une excuse pour aller déranger ce voisin. Elle trouve. Lui apporter les premières fraises du jardin. Il ne pourra refuser de les partager avec elle et d’en manger quelques-unes.
Elle va chercher son chapeau de paille et se prépare à parcourir le chemin qui mène à la demeure de son voisin. Pas besoin de dromadaire pour parcourir les quelques hectomètres les séparant.

Elle oublie son angoisse. Elle est toute à sa joie de sa trouvaille et de son initiative. Il est vrai, que le beau Québécois lui a tapé dans l’œil quand il est venu se présenter, il y a maintenant presque trois mois. Une visite de courtoisie ne peut être malvenue.

Elle espère ne pas rester sur sa faim de découverte.

Son imagination a toujours été très féconde. D’ailleurs, l’hélicoptère, elle l’a glissé dans son dernier texte. Elle a osé construire une histoire autour de son mystérieux voisin qu'un individu viendrait rencontrer nuitamment.
Elle a même osé déjouer une tentative d’attentat qui aurait pu provoquer une explosion soudaine de sa maison.
Elle délire sur le papier, mais ce bruit l’obsède.
Son écriture en a été modifiée.

D’ordinaire, elle écrit et illustre des histoires mettant en scène un personnage ressemblant fort à un lapin, répondant au doux nom de Trèfle. Elle devrait être en train d’écrire sa 32ème aventure, mais à cause d’un hélicoptère, tout son travail est remis en question.

Elle n’arrivera pas à rendre à temps ce nouvel album.