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lundi 21 novembre 2011

Une photo, quelques mots (17) - Une photo dans mon sac


Sur proposition de Leiloona

 

Le 15 novembre 2011

Une photo, quelques mots (17)

Cette semaine, le retour du noir & blanc !


C'est à vous ! Tous les textes ici



Une photo dans mon sac

Ce n’est pas possible !

Qui est-ce ?
Je viens de trouver cette photo dans mon sac.
Je cherchais mes clés pour ouvrir ma porte.
Comment y est-elle arrivée ?
Je ne me souviens pas l’y avoir mise.


Ce n’est pas croyable !

Qui est cet homme ?
Je viens de faire mes courses.
Je veux juste rentrer chez moi.
Qui a glissé cette photo dans mon sac ?
Depuis combien de temps y est-elle ?


Dites-moi que je ne perds pas la tête !

D’où sort cet homme ?
Soudain, j’ai un vertige.
Tout tourne autour de moi.
Tout devient flou.
Je me laisse glisser le long de ma porte.


Je dois me ressaisir, reprendre mes esprits.

Je suis assise, dehors, devant ma porte.
Heureusement, personne ne peut me voir.
Je suis incapable de me relever.
Il faut que je sache.
Cette photo… dans mon sac… cet homme


Je récapitule…

La dernière fois que j’ai vidé mon sac, je ne sais plus…
La dernière fois où j’ai laissé mon sac hors de ma vue, je ne sais plus…
La dernière fois où quelqu’un m’a frôlée, bousculée, je ne sais plus…
La dernière fois où… je ne sais plus…
Je dois me souvenir… je dois me souvenir… je dois me souvenir…


J’ose regarder plus attentivement la photo…

Un homme de dos tout de noir vêtu, les mains dans ses poches
Des feuilles mortes ou des papiers sales à terre ?
En bas de quel escalier ?
À proximité d’un restaurant India… quelque chose
Ce bout de rambarde d’un autre temps qui me dit vaguement quelque chose…


Une photo en noir et blanc…

Faisait-il jour ou nuit ?
Une journée ensoleillée d’automne ?
Il semblait attendre quelqu’un
Ma gorge se noue
Soudain, je me souviens…


C’était… le 32 octobre 2007

Un an jour pour jour après notre première rencontre
Je faisais des photos de tout et de rien
Nous nous étions donné rendez-vous en bas du grand escalier
Il était arrivé avant moi, comme d’habitude
Il était toujours en avance


Soudain, je le vis
Je ne pus m’empêcher de le photographier
Il ne m’avait pas vu
Il n’aimait pas que je le photographie
Mais moi, j’adorais…

Aujourd’hui, nous sommes le 32 octobre 2011

Qui a mis cette photo dans mon sac ?


-       Cerise, il est tard… demain je me lève tôt… t’arrives ?
-       Attends, je finis…
-       Tu finis quoi…
-       Mon texte sur la photo de Kot.
-       De qui ?
-       Je te l’ai déjà dit, Olivier. Tous les lundis, pour 6 heures, pour l’atelier de Leiloona… une photo, une histoire… je ne trouve pas la fin.
-       Tu verras demain.
-       Attends, je te lis et tu me donnes une idée…

dimanche 20 novembre 2011

L'atelier du dimanche (12), On ne vit que deux fois



En ce dimanche, sur une idée de Gwenaëlle,


Vous reprendrez bien une petite jamesbonderie?

 






La suite des aventures de Cerise et Olivier, nos gentils trentenaires.

Elles seront rassemblées dans un recueil au titre très étrange « La régularité des éléphants ». Il aurait pu s’appeler « Demain ne meurt jamais », sorti en 1997, année de leur première rencontre ou « Le monde ne suffit pas », en décembre 1999, leur premier Noël passé ensemble sans leurs parents respectifs.

Mais ceci est une autre histoire ou plutôt un autre projet.
Revenons à nos moutons.

Nous sommes le dimanche 20 novembre 2011, il est tout juste 10 heures dans l’appartement de nos sympathiques héros.


« Aujourd’hui 7 juillet 2007, 7 heures 7
Rien que pour vos yeux
Bons baisers de Russie.
Beretta »,

Voilà les mots que Cerise découvre, sur un papier jauni échappé de l’intérieur d’un jéroboam de Dom Pérignon, qu’elle vient de faire tomber par terre en faisant le ménage dans l’appartement qu’elle partage avec Olivier.

Rassurez-vous, ce n’était pas un grand millésime, juste le pied d’une grande lampe, avec un immense abat-jour rouge posée sur une table dans l’entrée d’un trois-pièces qu’ils occupent dans un petit village du sud de la France.
Ne dites pas qu’elle en a fait exprès, comme va certainement lui reprocher Olivier, parce que vous, vous savez qu’elle détestait cette lampe. Un cadeau du frère aîné du père d’Olivier qui avait atterri là, la lampe pas l’oncle, ni le père d‘Olivier bien sûr, à son grand malheur au dernier jour de l’an.

Bon débarras, pensa-t-elle tout en ramassant les mille et quelques morceaux de la défunte bouteille.

Elle posa le morceau de papier sur la table d’entrée et guetta la réaction d’Olivier, qui était accouru au bruit de ce fracas.

-       Tuer n’est pas jouer, lui dit-il en arrivant près elle. Mais bon débarras ! Elle était vraiment moche.

La réflexion lancée cloua sur place Cerise, elle qui craignait tant d’avoir commis un crime de lèse-majesté.

-       Les diamants sont éternels mais pas cette bouteille. Ce cadeau offert par Tonton n’était pas du meilleur goût, lui déclara-t-il.

Cerise reconnut deux titres de film de James Bond et redouta de voir défiler tous les titres de la filmographie de 007, un des héros de papier préféré d’Olivier. Il adorait lui lancer ce genre de défi… glisser des titres de film dans la conversation. Elle était nulle à ce jeu, qu’elle trouvait stupide.

Il l’aida à ramasser les petits bouts de verre qui avaient réussi à se faufiler un peu partout dans l’entrée.

-       Opération Tonnerre ! décréta Olivier
-       Opération Tonnerre ? lui répondit Cerise
-       Oui. Il faut tout ramasser avant que Tonnerre ne vienne jouer avec ou ne se plante un petit morceau dans un coussinet.

Il en profita pour expérimenter son dernier gadget acheté au camion de l’Outillage de Saint-Étienne, il y a au moins un an et qui croupissait dans un placard : une pelle et son balai à grand manche. En deux temps, trois mouvements, tout est ramassé, a dit la publicité. Olivier n’est arrivé à rien et l’ensemble est retourné dormir en attendant la prochaine occasion de l’expérimenter.

Cerise s’est sentie soulagée et reprit sa tache dominicale qui ne l’enchantait pas plus que cela.
Ce n’était pas sa journée. Elle bouscula une pile de livres et dut se mettre à quatre pattes pour récupérer un exemplaire de « On ne vit que deux fois » qui n’avait rien trouvé de mieux qu’atterrir sous le lit où elle se retrouva nez à nez avec Tonnerre, qui n’apprécia pas du tout cette visite surprise et la griffa.

Elle décida que c’en était assez de ses maladresses pour la matinée, elle s’empara du livre et commença le douzième et dernier roman publié du vivant d’Ian Fleming, mettant en scène James Bond.

A 13 heures, elle fut réveillée en sursaut par un tonitruant
-       La meilleure ! Mademoiselle abandonne le ménage et s’endort avec James Bond. J’espère que tu as fait de beaux rêves.

Le livre était encore ouvert à la première page, où Olivier put relire avec plaisir, l’épigraphe suivant, sous forme de haïku :

« On ne vit que deux fois :
La première quand on naît
La deuxième quand on est face à la mort ».


vendredi 30 septembre 2011

Les Impromptus littéraires (4), Regrets d'îles



Ma participation aux Impromptus littéraires


Quelques semaines à prolonger l'été en rêvant à la mer, au sable... Nous sommes prêts à basculer dans l'automne. Racontez-nous, en prose ou en vers, ce que la saison évoque pour vous, mais attention, votre texte devra impérativement comprendre les cinq mots suivants (pouvant être utilisés sous toutes leurs formes, donc conjugués ou accordés):
Ciel, sanglot, miroir, froisser et or.

Les instructions générales de participation sont accessibles ici.

Les textes sont ici




Regrets d’îles

Le ciel était trop brumeux en ce dernier jour avant le solstice d’automne. Cerise avait le moral en berne ce matin-là. La rentrée était déjà là.

Cerise en avait tant rêvé de ce voyage au Cap Vert, qu’elle retournait sans arrêt voir les photos des trois îles. Ngor, Madeleine et Gorée, trois noms qui lui feraient presque venir des sanglots dans la voix quand elle les évoquait avec Olivier... elle en rêvait tant.


Cela leur aurait fait du bien à Olivier et à elle-même de prolonger l’été qui avait été très occupé par son travail sur les commandes de miniature de panoplies de croisés. Dans le miroir qui prenait tout un pan de mur de son atelier, elle les voyait, bien alignées sur des étagères un peu de guingois.
Les touches d’or qu’elle avait déposées sur certaines y faisaient comme des étoiles…

L’automne allait arriver. Ce fichu toit qu’il fallait faire réparer pour éviter aux pluies automnales de plus abîmer la maison avait eu raison de ses envies et besoins de voyages et de vacances.
Elle en était toute chiffonnée et froissée.

Les précédents textes concernant Cerise et Olivier peuvent être lus ici.


vendredi 23 septembre 2011

Désir d'histoires (9), toit ou vacances, vacances ou toit



Sur une idée d’Olivia,

Des mots, une histoire 40

Une nouvelle récolte de mots ! Cliquez ici pour les explications…

Les autres textes à découvrir ici


Et ci-dessous ma 17ème participation à cet exercice fort attrayant
(pas encore à 32….)

Un nouvel épisode des aventures de Cerise et Olivier[i] dans
La regularité des élephants[ii]

Toit ou vacances, vacances ou toit…






Olivier décide de donner carte blanche à Cerise pour l’organisation de leurs prochaines vacances. Il a envie d’être surpris. Il ne veut rien savoir, il va la laisser faire. Il a une confiance infime dans sa belle amie, sa tendre amie.

Cerise a des envies qui lui reviennent de façon cyclique : en ce moment, sa passion, tout ce qui touche au Moyen Âge. Sa dernière lubie, une étude des panoplies médiévales et plus particulièrement celles des croisés originaires de chez eux, dans cet Ouest de la France qui leur manque tant. Elle les reproduit en de jolies miniatures qu’elle ambitionne de vendre pour améliorer leur quotidien.

Elle s’est lancée dans cette aventure d’une façon semblable à sa recherche consciencieuse des œufs en chocolat le jour de Pâques. Elle se souvient qu’elle éclatait en sanglots quand, en courant, elle avait provoqué la destruction de ces miniœufs si délicieux, tout au sucre, cachés ici ou là dans le grand jardin de ses grands-parents. Se souvenir de son enfance lui procure toujours des frissons.

D’ailleurs, sa passion vient de ce temps où son grand-père lui racontait des histoires sur les croisades. Il lui narrait la prise de Jérusalem, le siège d’Antioche, le supplice des Turcs à Saint-Jean-D’acre. Parfois, cela provoquait l’obturation de ses oreilles tellement elle n’aimait pas cette violence décrite. Quand son grand-père voyait ses petites mains approcher de ses oreilles, il changeait de sujet et lui parlait de son héros, Saint Louis pour revoir son sourire s’illuminer.

Tous ces moments privilégiés ont donné naissance à sa passion pour l’histoire, l’histoire avec un grand H. Elle se rappelle qu’après ces leçons, il y avait toujours le réconfort : déguster les tartelettes aux fruits de saison confectionnées par sa grand-mère.
Elle se retrouve sur son petit nuage en pensant à ces moments délicieux : les tartelettes aux cerises, aux abricots, aux noix… elle en salive encore et se promet d’en faire à Olivier, très bientôt.
À la fortune du pot, elle lui fera découvrir ce petit bonheur de son enfance qui lui revient à la bouche avec tant de plaisir.

Si un jour, Olivier lui passe l’anneau nuptial, elle fera faire une pièce montée très particulière : une montagne de choux à la crème vanille, praliné, chocolat dont les flancs seront parcourus de rubans en sucre d’orge.

Mais elle doit cesser de rêver et préparer leurs prochaines vacances. Elle doit se montrer digne de cette mission de confiance.

Ce matin-là, elle se laisse bercer par la musique capverdienne de Cesare Evora. Et s’ils partaient découvrir ce pays si bien chanté par la diva aux pieds nus. Elle s’interrogea et se demanda si des iguanes avaient élu domicile au Cap-Vert.

Mais d’abord, commencer par faire les comptes. Car il allait falloir jouer serré et choisir entre les travaux pour améliorer leur maison et des vacances de rêve.

Témoin cette fuite au toit qu’il allait falloir réparer au plus tôt. Dix bassines à vider dans le grenier à chaque grosse pluie, une immense bâche déployée sur le toit ou la découverte pendant huit jours des trois îles du Cap Vert via Lisbonne.

Le choix est cornélien. Ils ont tant besoin de vacances tous les deux. Cerise se prend à penser qu’elle va devoir se montrer vraiment canaille si elle veut que le choix des vacances l’emporte.

Car d’une façon ou d‘une autre, il va leur falloir casser leur tirelire et, en tant que lecteur, j’ai bien peur que la raison doive l’emporter sur le plaisir.

Cerise se leva à l’aurore, étudia de plus près les devis de toiture et les propositions de voyages. Aie aie !!!

Et soudain, elle se rappela qu’elle devait aller faire sa récolte de pastel des teinturiers, nom savant de l’ Isatis tinctoria L., de la sous-famille des Brassicoideae pour préparer ce bleu nécessaire à la peinture d’une des armoiries qu’elle avait en commande.






Liste des mots


Les mots imposés pour l’édition 40 de Des mots, une histoire sont : carte – cyclique – panoplie – oeuf – destruction – frissons – obturation – naissance – tartelette – nuage – fortune – orsec (facultatif) – nuptial – ruban – musique – travaux – témoin – canaille – tirelire – aurore – isatis – iguane





La régularité des éléphants – Cerise Olivier
Photo crédit ©Thomas Hawk