Des mots, une histoire 37
Découvrez les textes proposés ici,
Après avoir lu le mien. C’est évident, mon cher…
lecteur !
Merci à Olivia pour ce temps d‘écriture,
un peu difficile, mais j’y suis arrivée, tout du moins j’espère.
1er septembre 2012,
Aujourd’hui, grand jour, au
théâtre des Écrins, installé sur la place principale de mon village, création de ma dernière pièce. Soyons plus précis, de ma première et
unique pièce. Elle est tirée du livre dont j’ai eu beaucoup de mal à accoucher.
Pour trouver son titre, que de
tergiversations. Je ne pouvais plagier un titre déjà existant, mais qui me poursuivait,
« L’orchidée
noire ». Mais titre déjà pris par le film de Martin Ritt. Rappelez-vous,
Sophia Loren et Anthony Quinn. J’aurais pu nommer mon opus, « La tulipe
noire », mais là un film de cape et d’épée, aucun rapport avec l’histoire
qui germait en mon esprit.
Eurêka ! en écoutant une chronique
sur ma radio préférée, le « Cartier
libre de Caroline Cartier », j’ai eu le déclic. Un titre s’imposa : « Une
orchidée noire pour
un poisson rouge ».
Plus de doutes, d’hésitations. Le
déclic, la révélation quand j’eus le titre de mon roman. Le sujet, je l’avais déjà.
Tout tournerait autour de Milan, l’enfant bleu.
Je n’avais plus qu’un combat à mener, mais le plus dur, contre moi-même. Je devais me
discipliner et me préparer comme pour une rentrée, comme je l’aurais fait si
j’avais encore l’âge de Milan.
Mais pas besoin de cartable. Juste ce que j’y aurais mis : un stock de carnets
bleus pour noter mes idées et réflexions, des crayons de papier, des HB
uniquement, un taille-crayon, une gomme, que je glissais dans la sacoche de mon
fidèle compagnon, mon ordinateur. Sans lui, je suis complètement perdu.
Je me sentais même lyrique par
instant, me prenant pour Léon Daudet, le paraphrasant dans mon texte que je
commençais par : « Le mistral bouffait sur la mer verte du champ qui s’étendait à perte de vue
devant l’enfant. »
Il est vrai que le climat du lieu
où se déroulait mon récit n’avait rien de tropical. Il était juste provençal. Heureusement pour Milan.
J’avais eu beaucoup de mal à commencer mon texte.
Le début était comme une contemplation du paysage.
J’aimais faire des descriptions, le résultat de ma passion pour les textes de Marcel Proust.
La description du clocher de
Combray a toujours été pour moi un morceau d‘anthologie parmi les écrits de
Marcel Proust.
J’avais commencé mon texte le 32 octobre 2010 ; mais, il
n’était pas question que j’hiberne.
Tout devait être dans la boîte courrielle de mon éditeur dans les six mois, condition qu’il
m’avait imposée pour me verser un avaloir. Pas mirobolant, mais suffisant pour
changer mon réfrigérateur qui venait d’un temps assez ancien.
Je devais apprivoiser les mots et aussi Milan. Il m’habitait depuis si longtemps. Je
devais m’appliquer pour coucher sur papier, sa vie.
Une ritournelle m’obsédait.
Celle que je voulais mettre en tête de chacun de mes
chapitres.
« Je m’appelais Milan, je m’appelle Alexis. J’ai sept
ans. »
Mais ne risquerais-je pas l’asphyxie à répéter sans cesse cette phrase. Trois bouts de phrases
combinées à l’envie.
Je campais mon personnage principal,
Milan-Alexis. Je me l'appropriais. Je ne
voulais pas qu’il sombre dans la folie. Il aurait pu. Si jeune et tant de tourments et d’atrocités
déjà vues.
Mon texte devait rester sobre. Rien
d’ostentatoire.
Je me fixais des règles. Mes cinq
pages par jour si possible, en tout cas au moins 32 pages dans ma semaine. Un nombre
à respecter à tout prix pour être dans les temps.
Si l’inspiration avait du mal à être
au rendez-vous de la page blanche, un déclencheur d’écriture volé chez les OuLiPiens
me sauverait.
Mais à éviter par exemple ces mots
que mon doigt avait pointés, par hasard dans le dictionnaire : Azulejo et chromosome. Heureusement, je m’étais octroyé deux jokers par semaine.
Cette semaine-là, dès le matin, ils furent dévorés.
Je me demandais quel subterfuge j’allais
imaginer si un
autre mot allait venir me perturber.
Aucun problème, le mot ardoise pointa son bout de nez.
Une scène, la première rentrée à l’école
de Milan-Alexis vient me sauver d’un mauvais pas qui n’aurait ainsi pas lieu d’être.
Ma semaine d’écriture était lancée.
Je pouvais faire sauter le bouchon de ma bouteille de jus d’orange. Pardon, dévisser ce qui
sert à boucher le récipient à goulot étroit destiné à contenir la partie
liquide des fruits de l’oranger obtenue par pression.
J’ai oublié de me présenter :
je suis A. et ai décidé d’écrire l’histoire de Milan-Alexis, l’orphelin de
Sarajevo que nous avons adopté Clémence et moi. C’est aussi notre histoire à
tous les deux et à quelques autres.
C’est aussi un hommage
Liste des mots
imposés pour l’édition 37 de « Des mots, une histoire » sont : création – orchidée – révélation – combat – cartable – bouffer – tropical – contemplation – passion – hiberner – boîte – ancien – apprivoiser – ritournelle – asphyxie – folie – ostentatoire – azulejo – chromosome – imaginer – ardoise – bouchon
l'émission du jeudi 1 septembre 2011 - La dépression
des poissons rouges
disponible jusqu’au 27/05/2014
06h24
Le député UMP du Territoire de
Belfort, Michel Zumkeller, a adressé une question écrite au Ministre de
l'Agriculture pour faire interdire les aquariums trop exigus, notamment des
aquariums boules. Car selon lui, cela nuit au bien-être des poissons rouges. Écoutons
l’avis du Docteur Coste, président de l'Aspiraux, l’Association de Sauvegarde
des Poissons Rouges.