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lundi 29 août 2011

Rdv avec un mot (6), Passé





Lundi 29 août : passé

Nous avions laissé Camille, 7 ans tout juste, en vacances au Resty, se plantant devant son grand-père et lui disant, sûr de lui et sans trembler,
-       Papy, c’est Camille… C’est son éventail… C’est son livre… C’est sa photo. Mais c’est qui ?

Il avait vu son grand-père blêmir et l’avait entendu dire :
-       Natacha, il faut que l’on raconte l’histoire de Camille au petit. Viens, il est temps. Il est assez grand pour l’entendre.

Et c’est comme cela, par cet après-midi qui aurait dû être tranquille qu’un enfant curieux voulut en savoir plus sur cette femme dont il portait le nom.
Il avait déjà questionné mais n’avait rencontré que le silence.
Il avait imaginé qu’il devait son prénom à l’admiration que sa mère portait à Camille Claudel. Alors, garçon ou fille, pas d’importance, ce serait ce prénom et pas un autre. Il savait déjà qu’il portait un prénom épicène. Il avait « scotché » la maîtresse un jour avec ce mot savant. Et les copains, je ne vous dis pas ! Mais cela s’était retourné contre lui car dans son dos, ils le surnommèrent Épicène.

Retrouvons Camille et ses grands-parents Natacha et Nestor, assis confortablement sous le mûrier platane dans le jardin.
Camille leur présenta tous les trésors découverts.
Il commença par l’éventail avec le nom de Camille gravé sur le manche et avec ces deux pandas assis sur les premières branches d’un eucalyptus.
Il continua avec le livre de Daphné du Maurier, La maison sur le rivage.
Et il garda pour la fin, la photo sépia, comme sortie du passé, de celle qu’il avait déjà surnommée Queue de cheval.

Natacha et Nestor étaient face à face et ne savaient par quel bout commencer ce plongeon dans le passé.

Natacha se demandait si elle devait commencer par « Il était une fois… » Sachant que Camille était passionné par les histoires de fées et autres trolls. Mais la Camille de la photo retrouvée n’était pas une fée.
C’est Nestor qui se jeta à l’eau, commençant sa phrase par :
-       Camille était la grand-mère de ta grand-mère.
Il vit tout de suite de l’interrogation dans les yeux de l’enfant. La grand-mère de ma grand-mère, c’était quand cela… Nestor s’était depuis longtemps préparé à raconter cette histoire. C’était sa famille par alliance donc il espérait qu’il y a aurait moins d’émotion dans sa voix qu’il y aurait pu en avoir dans celle de Natacha.

-       Camille est née le 1er août 1899, commença Nestor
-       Elle aurait eu 112 ans cette année, l’interrompit son petit-fils.
-       Oui, elle aurait eu 112 ans…
Ce 1er août 1899, à Saint-Pétersbourg soit 100 ans jour pour jour après la naissance de Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur, Camille est née. Elle s’est éteinte le 9 février 1974, à Paris comme la comtesse, 100 ans plus tôt. Drôle de coïncidence.

Maintenant je vais te raconter son histoire…



samedi 6 août 2011

Chez Asphodèle (5), Camille, chapitre 6

 

 


Les 13 mots récoltés : élixir – estival – évanescent(e) – émeraude – évanoui(e) – étincelle - élégie – écrevisse – éléphant – excédé(e) – éventail – étreinte – eucalyptus.


Épisodes précédents :
Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5
Queue de cheval (avec au début le résumé succinct des quatre chapitres précédents)

Chapitre 6 : Pourquoi je m’appelle Camille ?

En ce mercredi 3 août 2011, Camille monta de nouveau au grenier et y passa une grande partie de sa matinée. Il alla de découverte en découverte. Après la grande malle et la multitude de photos qu’il n’avait pas encore finie d’explorer, les grandes boîtes, d’anciens cartons ayant contenu des bananes qu’il n’avait pas encore ouverts, il tomba sur une grosse serviette en cuir sur lequel son regard ne s’était pas encore égaré.
Une sacoche, comme celle du médecin qu’il avait vue dans les films de western, semblait revenir de loin. Elle était poussiéreuse mais nullement abimée.
Que de questions lui vinrent à l’esprit à notre Hercule Poirot du Resty !
Il la souleva délicatement, la trouva bien lourde, la soulagea de sa couche de poussière et enfin osa l’ouvrir.
Il découvrit des livres reliés aux couvertures peintes et signées.
Sur la tranche du premier qu’il prit en main, Daphné du Maurier, La maison sur le rivage.
Il tourna précautionneusement la première de couverture, vit écrit les années 1969, 1970, 1974, ne comprit pas leur signification, découvrit douze pages de dessin couleur et un autre titre pour le livre qu’il tenait religieusement dans ses mains : « Lélixir de double vie ».

Il se demanda si c’était un livre qu’il pourrait lire pendant son séjour estival. Était-ce un livre pour un enfant de sept ans ? En avance pour son âge mais quand même.


Il commença à feuilleter l’ouvrage, il trouva un morceau de papier où une écriture fine avait tracé quelques mots : rechercher définition de évanescent élégie. Une sorte de marque-page glissé à la page 404, face au portrait d’Isolda, un dessin en noir et blanc d’une femme portant une bougie dont elle protégeait la flamme. Ce livre l’inquiétait.



Il regarda plus attentivement les autres livres.
Neuf autres portaient le même nom d’auteur, sept celui d’Henri Troyat, trois Gilbert Cesbron et six Françoise Mallet-Joris. Vingt-six livres reliés au total. Des livres comme il n’en avait jamais vu, ici ou ailleurs.
Il resta étonné et pensif devant cette collection. Même présentation, même format, même style de couverture peinte.
Il s’arrêta sur le livre appelé Rébecca. Qu’elle était belle. (une précision du narrateur penché au-dessus de l’épaule de Camille, beaucoup trop jeune pour s’en apercevoir : au doigt de Rébecca, une émeraude).

Qui avait constitué cette collection de livres ? Qui s’était évanoui en oubliant ce qui semblait aux yeux de Camille être un trésor ?
Une étincelle traversa dans son esprit. Peut-être la fameuse Camille dont il portait le prénom mais qui lui était si mystérieuse.
Mais il lui semblait qu’il marchait comme une écrevisse. Personne ne voulait lui en dire plus. Il reculait plus qu’avançait dans ses recherches sur cette personne si étrange. Il était comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. À chaque fois qu’il voulait en savoir plus, il lui semblait que la personne questionnée était excédée et le fusillait du regard.

Mais sa curiosité n’avait pas de limite. Il voulait en savoir plus sur ces livres trouvés et sur celle dont il portait le prénom. Il avait juste réussi à savoir que c’était une femme mais pas plus.

Au fond de la serviette, il découvrit un éventail sur le manche duquel il arriva à lire bien que presque effacé Camille.


Il resserra son étreinte autour du manche de l’éventail découvert. Il savait qu’il était près du but. Il allait bientôt en savoir plus sur cette fameuse Camille.
Il déplia l’éventail et découvrit le dessin de deux pandas assis sur les premières branches d’un eucalyptus. Il resta interdit devant cette découverte.


Combien de temps, le narrateur ne le sait plus, tellement lui aussi surpris par la tournure des événements.

Tout d’un coup Camille se rua dans l’escalier, le dévala, l’éventail dans une main, le livre dans l’autre dans lequel il avait glissé la photo de dos de cette femme blonde, celle qu’il avait surnommé Queue de cheval.
Il arriva essoufflé devant son grand-père, se planta devant lui et dit, sûr de lui et sans trembler.

-         - Papy, c’est Camille… C’est son éventail… C’est son livre… C’est sa photo. Mais c’est qui ?

Il vit son grand-père blêmir et entendit :


-       - Natacha, il faut que l’on raconte l’histoire de Camille au petit. Viens, il est temps. Il est assez grand pour l’entendre.

Rappelons que notre Camille venait de fêter ses sept ans et était très éveillé pour son âge.


© 2011 32 Octobre



Dick est invité par son ami Magnus Lane à passer ses vacances, en solitaire, dans le charmant petit village de Tywardreath en Cornouailles. Il en a bien besoin car il se sent harcelé par son épouse Vita qui le pousse a quitter la maison d'édition où il travaille pour aller vivre aux États-Unis. En fait, Magnus, professeur de biophysique a l'Université de Londres, a besoin de lui pour expérimenter une drogue qu'il a récemment mise au point. Quoique réticent, Dick ingurgite cette potion et, à son extrême étonnement, se retrouve sur la lande en présence d'un cavalier mystérieux. Attiré comme un aimant, il le suit et se rend compte rapidement qu'il a été propulsé au XIVe siècle dans ce même village. Phénomène étrange, il peut voir, entendre et comprendre sans que sa présence soit révélée. Renouvelant l'expérience à plusieurs reprises, Dick sera le témoin volontaire et invisible des amours, des passions et complots ourdis par la noblesse et le clergé de ce village quelques cinq siècles auparavant. Daphné Du Maurier entraîne le lecteur, avec brio, dans une aventure où le fantastique le dispute à l'historique. Le tout agrémenté d'un suspense dont elle s'est rendue maître depuis le très célèbre « Rebecca ».


lundi 25 juillet 2011

Une photo, quelques mots (1), Camille, chapitre 5


©Kot²

Épisodes précédents :
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4

Queue de cheval.


Camille passe ses vacances chez ses grands-parents.
C’est un garçon très curieux de leur histoire.
Il a tout voulu savoir de leur première rencontre et ainsi a fait connaissance avec Pâquerette. Puis il a commencé à feuilleter l’album de photo. Il a découvert une photo d’une plage avec un pin. Son grand-père lui a raconté cette fameuse journée de février 1968. Puis sa grand-mère a pris la relève en lui parlant de cette photo d’empreinte de pas sur le sable d’une plage. Elle lui a raconté l’histoire de cette photo ratée mais à laquelle elle tient beaucoup. Camille continue que de farfouiller dans les photos trouvées dans le grenier. Il veut mieux connaître Nestor et Natacha.

Mais laissons-lui la parole ou plutôt lisons ses mots écrits dans un grand cahier bleu.

Extrait du journal de Camille.

31 juillet 2011, au Resty

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, j’ai 7 ans, je rentre en cours élémentaire 1ère année en septembre mais je vais certainement sauter une classe car je suis drôlement fort.
Je sais lire et écrire et drôlement bien. (zut, je me répète drôlement beaucoup …).

Je vais demander à Papy Nestor de faire un blogue… mais je ne sais pas s’il va être d’accord. Ce serait pour faire comme Jen. Vous ne la connaissez pas ? Vous êtes drôlement nul… c’est Mamy Natacha qui m’en a parlé et qui m’a fait voir. Elle a 7 ans ½ , Jen, comme moi et elle écrit avec sa maman… moi ce serait avec Nestor.

Et le blogue s’appellerait « Nestor et Camille vous causent… » à moins qu’on l’appelle « Nestor et Camille racontent… » ou tout simplement « Nestor et Camille… ».

Et on mettrait aussi les textes de Mamy Natacha, car là elle les met en commentaires un peu partout. Dur à suivre ma Mamy, « écrimaginatrice » qu’elle dit qu’elle est. Quel drôle de nom. Elle en invente toujours. Vous voyez, j’ai de qui tenir du haut de mes 7 ans.

Je suis le spécialiste pour raconter des histoires avec les photos.
J’adore les photos, j’adore lire ce qu’il y a d’écrit derrière les photos.

J’ai trouvé plein de photos dans le grenier.

Et là, je viens d’en trouver une de drôlement bizarre.
Je me demande qui elle représente.
Rien d’écrit derrière.
Et je n’ose pas aller demander à Papy Nestor.

Pourquoi elle est de dos la dame ? Elle habite où la dame ? C’était quand la photo ? Qu’est-ce qu’elle attend la dame ? Qui sait le monsieur ? Son amoureux ? Pourquoi son sac à dos il est pas sur son dos ? C’est qui qu’a pris la photo ?

Pourquoi elle est dans la malle dans le grenier la photo de la dame ?

Dis, Madame, pourquoi t’es là ?

Et si la dame, c’était la maman de Papy ou celle de Mamie. Et si c’était une princesse. Et si c’était…

Zut ! Faut que j’y aille ! Ils crient « à table ! ».

Camille ferme son cahier bleu à grands carreaux.
Dessus, il est écrit : « Journal des vacances 2011 de Camille ». Il va le cacher dans la grande malle, sous les photos.

Camille a gardé dans sa main, la photo de la dame blonde, bien décidé à poser des questions sur l’inconnue. Mais il se demande comment il va faire.
Camille a 7 ans, un sourire d’ange et sait y faire.
Il va y aller par petites touches puis soudain mettra sous le nez de ses grands-parents la photo de celle qu’il a déjà appelée « Queue de cheval ».

« Qui c’est ? »


jeudi 14 juillet 2011

Ecrire comme on respire (4), Camille, chapitre 4

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)


Épisodes précédents :
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3



Chapitre 4
Je farfouille dans les photos


Vendredi 1er juillet 2011,
Camille est ravi de son début de vacances. Il a d’ailleurs commencé son journal pour se souvenir de tout et épater ses copains à la rentrée. Il est sûr qu’il va avoir de nombreuses aventures durant les deux mois qui arrivent.
Il voudrait se livrer à sa nouvelle passion, le scrapbooking. Il veut prouver à ses parents qu’il est très habile de ses mains. En fin d’année scolaire, il a d’ailleurs participé à un atelier et il a été enthousiasmé. Avec toutes les photos trouvées au grenier aux dernières vacances, il va pouvoir s’en donner à cœur joie. En plus des vieux albums, il a trouvé cinq grandes boîtes à chaussures pleines à ras bord.
Il commence à les regarder. Il cherche des photos de ciel. Il a vu cela dans un livre : coller les photos des personnes sur une grande image de ciel comme pour y dessiner un arbre. Il fouille, les déclasse, cherche et soudain cette photo lui saute aux yeux. En plus, il a de la chance, il y a en cinq à-peu-près identiques.
Il retourne les photos et derrière la première, il lit :

« 1er mars 70,

Retour au pays natal.
Nestor m’emmène sur les chemins de son village d’enfance.
Il est 18 heures.
Le proverbe prédit :
« Ciel rouge le soir 
Laisse bon espoir ; 
Ciel rouge le matin,
Pluie en chemin. »

J’ai fait connaissance de toute la famille. »
Il a récupéré un morceau de papier peint, y coupe le format d’une grande feuille de papier. Il y colle les cinq photos récupérées. Il commence à dessiner son arbre généalogique. Il se replonge dans les boîtes à chaussures.
Il en cherche d’autres. Il retourne les cartes et y lit les messages de Nestor à Natacha, de Natacha à Nestor. Il ne voit pas le temps passé.
Il n’entend pas son grand-père s’approcher de lui.
Il sursaute quand celui-ci lui dit : « Ta grand-mère nous attend pour dîner. »


jeudi 30 juin 2011

Ecrire comme on respire (3), Camille, chapitre 3

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)


Épisodes précédents :
Chapitre 1
Chapitre 2


Chapitre 3
Photo ratée

Jeudi 30 juin 2011,
Camille vient juste d’arriver au Resty chez Nestor et Natacha, ses grands-parents paternels.
Il y passe ses vacances, toutes ses vacances comme tous les ans depuis que ses parents sont partis s’installer en Espagne. Il vient réviser son français, respirer la France et se faire gâter. Ses parents partent en amoureux, comme il dit et viendront le rejoindre pour passer les quinze derniers jours d‘août avec lui dans la maison de famille.
Camille aime feuilleter les vieux albums photo, qu’il a dénichés dans le grenier de la grande demeure lors d’une de ses escapades des dernières vacances. Il a caché ses trouvailles dans l’armoire à glace de sa chambre, cette chambre aménagée spécialement pour lui dans une partie du grenier.
Cette fois, son regard s’arrête sur cette photo d’empreintes. Maintenant, il sait lire. Il vient d’achever son cours préparatoire au lycée français de Valence et décide que ce n’est plus la peine que Papy Nestor lui lise le texte qui a été écrit en dessous. Il a reconnu l’écriture de sa grand-mère Natacha.

« Jeudi 29 février 1968,

Nestor et moi, notre première promenade dans la presqu’île.

J’avais bien fait d’emporter mon appareil photo. J’ai découvert un endroit comme je n’en avais jamais vu.
Et en plus avec l’homme qui j’espère, passera le reste de sa vie avec moi.
Mais chut ! Il ne sait pas que je l’aime et lui ne m’a rien dit de ses sentiments.

Six photos de traces dans le sable de la plage.

Cette première photo n’aurait jamais dû être dans cet album. Elle est ratée.
Mon intention de départ, photographier l’empreinte de mon pied droit à côté de celle du pied gauche de Norbert…
Mais j’ai dû appuyer par mégarde sur le déclencheur et de pieds, aucune trace.

Pourtant j’avais déjà imaginé y noter la légende : « le début d’un pas de deux ».

En lieu et place de cela, un  rectangle de sable gris, caractéristique de l’endroit. J’y ai vu une empreinte de chien, celle d’un oiseau, celle d’un tout petit pied de bébé, le dessin stylisé d’un lapin, d’un chat… Elle m’a plu. Je l’ai gardée et collée dans cet album»



jeudi 16 juin 2011

Ecrire comme on respire (2), Camille, chapitre 2

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)




Épisode précédent :
Chapitre 1


Chapitre 2
Plage avec un pin

Mardi 14 juin 2011,

Un enfant feuillette un album photo.
Ses grands-parents ne sont pas loin, ses parents l’ont laissé avec eux après le week-end de Pentecôte :

-       Dis, Papy Nestor, c’est où ? Je veux que tu m’y emmènes.
-       Va demander à ta grand-mère Natacha.
-       Papy, raconte-moi… je ne sais pas lire… tu me lis Papy, ce qu’il y a d’écrit sous la photo.
-       Natacha, Camille veut que je lui raconte la photo où il y a la plage et le pin. Tu te souviens ?

Et Papy Nestor se mit à lire…


« Jeudi 29 février 1968,

Photo de l’endroit où j’ai emmené en promenade pour la première fois Natacha.

Ma Pâquerette s’était égarée sur la terrasse de la maison de bois où Natacha était la baby-sitter d’un petit chenapan, qui s’était pris d’un véritable amour pour ma chèvre préférée.
Ce jour-là a été le plus beau de ma vie.
Cela se passait dans mon village de montagne où elle passait des vacances studieuses et rémunérées par les parents de Charles, qui du haut de ses 7 ans savait tout et la faisait tourner bourrique.

Pâquerette retournait toujours vers leur chalet, encouragée par Charles qui la gavait de branches de laurier palme.

Je suis tombé sous le charme de cette que j’appelais alors, Pâquerette bis.
Il faut dire que j’étais et suis encore très timide et qu’à part me confondre en excuses je ne savais pas quoi lui dire.
Mais Natacha, c’est Charles qui m’avait dit son prénom et beaucoup d’autres choses aussi, osa plus que moi. Nous avons échangé, en plus des sourires, des mots qui embrasaient mon cœur entre deux visites.

Je voyais la fin des vacances arrivée à grands pas et je ne voulais pas la laisser partir sans me déclarer.
Je n’avais pas beaucoup de vacances à cette période, la saison battant son plein.

Un jour, je pris mon courage à deux mains, plutôt à mille mains et lui proposais de venir à la mer, dans la presqu’île passer une journée. Je lui affirmais que dans moins de quatre heures nous y serions. Nous quittions la montagne pour la mer.

Elle a été enchantée de ma demande et nous avons pris la route…du bonheur. »

Camille n’a pas attendu la fin de la lecture pour s’endormir sur les genoux de son grand-père qui continua de parcourir l’album.
Il pensa que ce jour-là, il avait pris la route en compagnie de Natacha, la route était toujours ensoleillée et Natacha encore plus belle.






jeudi 2 juin 2011

Ecrire comme on respire (1), Camille, chapitre 1

Plaisir d'écrire (jeux d'écriture)


Chapitre 1
Pâquerette



Photo et texte retrouvés dans l’album photo de Natacha.

« Pâquerette pose.

Eh vous là ! Oui vous ! Vous arrêtez avec votre appareil photo…
Oui je sais que vous voulez me prendre en photo… ce n’est pas la peine de faire semblant.
Et ne détournez pas la tête quand je vous parle.
Oui, c’est moi Pâquerette qui vous cause !
Oui, moi, la chèvre noire au doux nom de Pâquerette.
Je vous interdis de vous moquer.

Pourquoi ce nom ? Je sens que vous vous posez la question.
Parce que le jour de ma naissance, la première pâquerette avait fleuri devant l’étable et celui qui allait devenir mon maître, Nestor, cela lui a semblé évident. Il avait tout juste une petite vingtaine d’années et avait habitude de compter fleurette aux belles estivantes qui passaient dans le coin. C’était il y a déjà cinq ans.

Vous ne rêvez pas. Je parle.
Je sais aussi que je suis la plus belle du troupeau.
Vous en doutez ?

Arrêtez de me regarder comme cela…
Je vous dérange… je fais peur au jeune enfant caché dans vos jupes !

Il ne craint rien. C’est votre fils ? Vous me paraissez bien jeune pour cela. Votre frère ? Beaucoup d’écart… ah bon ! Vous êtes sa baby-sitter.

Pâquerette ! Pâquerette !
Nestor m’appelle.
Ah ! Je me suis égarée sur votre terrasse. Pardon, je courais après un papillon…

Comment Natacha fit la connaissance de Nestor. »

ՙ© 2011 32 Octobre