vendredi 6 avril 2012

Les Vases Communicants (7), Avril 2012, Eric Dubois


Dans le cadre des VASES COMMUNICANTS
du mois d’avril 2012

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

Ci-dessous le texte qu’a bien voulu me confier

Éric Dubois…


Courez le découvrir ici ou encore ici.

Un "texte de jeunesse" écrit au début des années 90 

LA DANSE

Danse autour de moi
Danse
Danse autour de moi
Danse
Tu ne sais pas
Tu ne vois pas
Je ne t'aime plus
Je ne t'aime pas
Je ne sais pas
Je ne vois pas
Tu ne m'aimes plus
Tu ne m'aimes pas
Et m'as-tu aimé?
Je ne m'en souviens pas
Danse autour de moi
Danse
Tu vas t'approcher
Tu vas t'éloigner
Danse autour de moi
Danse
Tu vas glisser
Tu vas tomber
Nous toi et moi
Ça ne se voit pas
Je ne t'aime plus
Je ne t'aime pas
Je ne sais pas
Je ne vois pas
Tu ne m'aimes plus
Tu ne m'aimes pas
Et m'as-tu aimé?
Rien entre toi et moi
Danse autour de moi
Danse
Tout peut s'arrêter
Le temps est compté
Danse autour de moi
Danse
Tu vas glisser
Tu vas tomber...

ERIC DUBOIS



Mais qui est Éric Dubois ?
Eric Dubois est né en 1966 à Paris.
Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont entre autres
« L’âme du peintre » (publié en 2004) , « Allée de la voûte » (2008), « Les mains de la lune » » (2009), « Ce que dit un naufrage » (2012) aux éditions Encres Vives, « Estuaires » (2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver » (2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) sur www.publie.net , « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues » (2002) aux éditions Le Manuscrit.
Participation à de nombreuses revues.
Textes inédits dans les anthologies
Et si le rouge n'existait pas (Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude (Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti (Editions Desnel, 2010), Poètes pour Haĩti (L'Harmattan, 2011)
Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ».


Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants, que chacun puisse relayer les autres... »


lundi 2 avril 2012

L'atelier du dimanche (13), Poisson d'avril - Milan au jardin


En ce lundi, sur une idée de Gwenaëlle,


PAS D’ATELIER… (C’EST UNE BLAGUE!) - Poisson d’Avril! 



-       Ce n’est pas possible. Les semis de salade dans le jardin sont tout retournés.
-       J’ai vu Églantine, le chat écaille de tortue de la voisine fureter dans le jardin tout à l’heure.
-       Les escargots, les limaces, les pucerons et maintenant le chat de la voisine…

Grand-père ne décolère pas depuis ce matin. Je n’ose pas lui dire mais il roule des yeux de merlan frit. Son jardin est si important à ses yeux. Il y passe beaucoup de temps et moi aussi, dès que je le peux.

Notre plaisir, bavarder à bâtons rompus pendant qu’il me transmet tous ses petits secrets de jardinier.

J’ai maintenant 15 ans et pour rien au monde, je ne passerai mes vacances ailleurs que chez Grand-père. Il est vrai que j’y retrouve aussi toujours les mêmes copains et copines. Cela fait dix ans maintenant que je suis arrivé de mon orphelinat. Dix ans que je suis devenu Alexis tout en restant au fond de moi, Milàn.

Pour fêter nos retrouvailles pascales, nous avons décidé de faire la fête et encore mieux d’organiser un bal masqué.
Dans le grenier, dans une grande malle rouge, de nombreux costumes nous a permis de choisir notre déguisement. J’y ai trouvé un habit de cérémonie d’un autre temps, une queue-de-pie. Mais Grand père m’a repris et précisé que c’était une queue-de-morue. Alors, j’ai eu le droit à tout un cours sur les vestes qu’on portait il y a un siècle. Comme quoi, il faut faire attention à son vocabulaire. Mais avec un grand-père que je pourrais surnommer Encyclopédie, pas de problème, je repars toujours plus cultivé à chaque fois.

Et tout d’un coup, sans crier gare, la nostalgie, malgré mon jeune âge m’a étreint de nouveau la gorge. Je me suis revu plus jeune, quand ébahi, je l’écoutais me conter des histoires de bateaux, de pirates et d’îles mystérieuses.
Je me souviens particulièrement de l’histoire de la chaloupe venue près de la « Mary-Céleste ». J’étais à son bord, je crois me souvenir que cela s’était passé en 1792. Tout le monde avait disparu. Et il n’existait pas encore la balise Argos.
Il y eut nombre de suppositions. Pas de repas chaud sur la table de la cuisine et encore moins de glace. Pas de collection d’étoiles de mer retrouvée ni de queue de poisson à trainer ici ou là.

Mais replongeons dans la réalité et retour à aujourd’hui : mon aide au jardin et la préparation du bal costumé.

Je revisite toujours avec le même plaisir le jardin. Les premières anémones sont écloses, les roses sont déjà en bouton, cela a tempéré la mauvaise humeur de Grand-père.

Il m’a mis à contribution pour tendre un filet sur les planches de semis. J’espère qu’Églantine va s’en tenir éloignée et non se retrouver prise au piège des mailles
.
Pour le remettre de bonne humeur, je lui propose de venir partager avec moi les fish and chips que préparent dans son camion aménagé, stationné non loin de la maison familiale, le père de mon grand ami Gus. Et en plus, il respecte la tradition, il les emballe dans un cornet fait dans du papier journal.

De quoi, faire hurler mes parents mais nous ravir. Ensuite, nous échangeons les nouvelles lues, qui ne sont en général, plus très fraîches.






dimanche 1 avril 2012

Une photo, quelques mots (34), Rick le silencieux


 

Sur proposition de Leiloona


27 mars 2012

Une photo, quelques mots (34)


©Kot - La galerie de KotEvening News - Cette photo a été prise le 1 décembre 2010.

Cette photo de cet homme à l’allure de moine à la parka, je l’ai trouvée dans un des livres de la bibliothèque après la mort de Grégoire. Cela avait été depuis toujours une de ses manies de se servir d’une photo en marque-page.
En tournant la photo, j’ai lu cette énigmatique phrase : « Ça s’éternise, citadine ». Cela ne me disait rien et m’intriguait beaucoup.
Surtout que cette phrase sibylline était précédée de « Cher amour ».
Je me pris au jeu et décidais d’essayer de déchiffrer ce mystère. Cela ressemblait aux messages destinés aux résistants lors de la dernière guerre. « Ici Londres… ».
Ma première idée étant en général la bonne, je me devais de continuer dans ce sens.
Cette photo mettait en évidence ce personnage très intriguant assis sur une barrière. Et cette grille floue en arrière-plan, je ne connaissais pas le lieu. Aucun indice. Je me creusais la tête et je fouillais dans mes souvenirs.
J’avais trouvé la photo dans un des derniers livres lus par Grégoire, « Cher amour » de Bernard Giraudeau. Il vénérait cet auteur. J’étais persuadé que sa présence dans le livre était volontaire.
Je m’assis dans la bibliothèque et me mis à lire ce livre dont la marque-page m’avait si ému. Je le lus, plutôt, je le dévorais et le nom du personnage de la photo s’imposa. C’était Rick, le silencieux.
Je découvris ainsi que mon Grégoire avait dû le connaître aussi.


vendredi 30 mars 2012

Désir d'histoires (18), Edition 60 - Pas d'icône dans le jardin mais ...



Des mots, une histoire 60



Pas d’icône dans le jardin mais …

Le premier lundi des vacances de Pâques, ou de printemps comme ils disent maintenant, Milàn s’était assis au pied du cerisier, encore vide de ses fruits dont il se régalait tant. Il était dans le jardin de celui qu'’il aimait appeler grand-père. Il lui avait suffi de sortir de sa maison, de suivre le trottoir, à peine sur cent mètres et de gagner cette maison au nom incroyable de « La plaine ».

Il se lovait dans sa bulle de bonheur.

Près de lui, sa brouette magique. Il avait une habitude bien à lui, de donner à un nom à tout ce qui l’entourait, donc il l’avait appelée Myriade. Il ne savait plus trop ce que cela voulait dire mais il avait entendu sa mère l’employer un jour et le mot lui avait plu. Il se rappelait le moment exact où elle l’avait dit. C’était une soirée où il regardait le ciel avec ses parents et il l’avait entendu dire : « regarde la myriade d’étoiles filantes. Fais vite un vœu. Vite ! ». Son vœu avait été vite trouvé : arrêter d’avoir de la fièvre et d’avoir si soif tout le temps.

Mais revenons, à la valise… non à la brouette. Une petite étourderie que vous pardonnerez au narrateur qui se laisse entraîner par cet enfant aux yeux kaléidoscopes et dont les paupières sont ourlées de si longs cils blonds. Autre astuce que la phrase précédente pour caser deux mots imposés. Mais revenons à nos moutons.

Grand-père lui avait fait cadeau de la brouette, comme cela sans raison. Rien à fêter, rien à célébrer. Juste une envie de Grand-père de lui mettre des étoiles dans les yeux. Grand-père aimait faire des surprises. Il aimait faire plaisir juste pour le plaisir.
Dans un autre temps, on aurait dit qu’il avait du savoir-vivre.
Milàn le soupçonnait de s’être fait encore plus plaisir en remettant à neuf la vieille brouette que l’enfant avait trouvée, renversée et en piteux état dans la cabane à demi écroulée au fond du jardin.

Cette cabane l’avait toujours intriguée. Elle était toujours si silencieuse et pleine de mystères non encore dévoilés. Un jour viendrait où il saurait.
Milàn savait que Grand-père lui en raconterait un jour l’histoire. Sinon il saurait se faire câlin auprès d’Hélène, la compagne de Grand-père pour savoir car ses parents et surtout Clémence évitaient de répondre à ses questions. Pourtant il en avait posé des questions…

La brouette était toute blanche, cinq brins de lavande peints sur un flanc, une grenouille de l’autre côté. Sa roue grinçait.

Milàn était tout songeur.

Il avait tiré de sa brouette Ti’jama, son copain retrouvé au fonds de la malle arrivée avec lui de l’orphelinat. Cela faisait maintenant presque un an qu'’il était arrivé en France. Il y avait mis aussi le dernier livre que Grand-père lui avait offert « Les ombres chinoises » de Sophie Collins.

Ce mot ombre l’avait intrigué quand il l’avait lu sur la couverture.

Et qu'’elle ne fut pas sa surprise en l’ouvrant ; des animaux plus vrais que nature apparaissaient à toutes les pages. Cela allait du chien à l’éléphant en passant par les oiseaux, les poissons.

Il était subjugué et passait de page en page.

Il se déplaça sous le cerisier, se mit dans le rayon de lumière qui passait entre les branches et commença à s’exercer. Il s’énerva, tournicota ses mains dans tous les sens, éclata de rire, passa de page en page et découvrit enfin un chat, le chat, son chat, Monsieur Châ.

Il regarda bien, essaya, réussit et l’emmena partout avec lui.



Les mots imposés pour la 60ème de Des mots, une histoire sont : myriade – vide – lundi – (saturnale)s – grenouille – bulle – icône – silencieuses – astuce – savoir-vivre – valise – étourderie – soif – plaine – kaléidoscope – (syndérèse) – fièvre – trottoir – renverser – paupière – surprise

dimanche 25 mars 2012

Une photo, quelques mots (33), un chapeau de paille


 

Sur proposition de Leiloona

 

 

20 mars 2012

Une photo, quelques mots (33)




Ce vendredi matin, soudain devant moi, j’ai reconnu le chapeau de paille, ce chapeau de paille avec sa bande ajourée si caractéristique. Cela faisait combien… vingt ans que je ne l’avais pas vu. Mais cela ne pouvait être que lui, car il était unique.
Je me sentais attiré. Pire, mon regard était comme aimanté par ce chapeau de paille qui avait traversé tant d'années sans moi. Il était ressurgi du passé comme un diable de sa boîte. Sous ce chapeau, cela ne pouvait être qu’Elle, mon grand amour que j’avais dû quitter, abandonner en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.


Ce vendredi matin, comme tous les autres matins, j’ai pris le métro.
Toujours le même, le 10.32, toujours à la même station.
Je le prends tous les jours de ‘l'année, maintenant depuis trois ans, depuis que je suis à la retraite. Un moyen, comme un autre, pour moi de rester vivant après la vie agitée que j'ai parcouru.


En vingt ans, j’ai beaucoup changé.
Ce vendredi matin, je peux paraître un peu lourd au premier abord, mais ne vous fiez pas aux apparences, j’ai battu des fieffés coquins à la course. Ils ne m’ont pas échappé longtemps, mais c’était il y a une dizaine d’années. Je ne paie pas de mine, je le sais et cela m’importe peu. Ma tenue préférée, cette chemise chamarrée ou l’une de ses sœurs, taille 4XL, je vous l’assure. J’aime être à l’aise. Ma démarche est mal assurée parfois, ma hanche gauche quand le temps est à la pluie, comme aujourd’hui, me fait ralentir ma marche. J’ai toujours l’habitude de trimbaler, au bout de mon bras, un sac en plastique.


Il y a vingt ans, quand je ne suis pas retourné vers le chapeau paille, je me suis enfui avec juste un sac Tati à la main. Ses carreaux roses et blancs continuent de hanter mes nuits, très régulièrement et surtout le 45 qui était dedans et que j’ai toujours au fond d'un tiroir chez moi.


Ce vendredi matin, je n’ose plus bouger de peur de rompre le charme. Car, je dois rêver, ce n’est pas possible. Le temps semble s’être figé. Mon regard est hypnotisé par le chapeau de paille, qui semble sans âge. Je crains qu’il ne devienne trop pesant. La rame est presque vide. Je décide d’avancer.
Je vais dépasser le chapeau de paille et qu’elle n’est pas ma surprise : vingt ans, après, sous le chapeau de paille, une jeune fille, copie conforme de celle que j’ai quittée, il y a vingt ans.



vendredi 23 mars 2012

Désir d'histoires (15) Christine, Atelier 59 - Chut !!!




Sur une idée d’Olivia,

Des mots, une histoire 59


 Les mots de Christine,
de tout là-bas en Chine


En l’état actuel (des Choses) ne pas faiblir le mensonge
Une verticale des points sont posés, donnez-moi une série de chiffres et de là,
j’établirai  le cercle
En deça de là déjà la moitié du jour,
Une horizontale des chandeliers allumés aux flammes pastels empaléess.
En suivre le tracé sans suite comme il y longtemps avoir suivi les trottoirs ensoleillés jusqu’à :
                                                            l’épuisement
                                                                 total
Laisser tomber le mensonge comme l’oiseau chute de la branche.

Chut….

Cesser tout tambourinage de machine à goudron machine à béton,
Ecouter les séries de klaxons les rebonds des ballons
Observer la Chine et ses fiançailles ornées de prismes roses :
floraison  partielle et sélective
Attendre sans espérance l’été et ses papillons saphirs frôlant l’asphalte gris jusqu’à :
l’étourdissement
                                                                  final
                                                                
                                                      
Et pour tout  irénisme, laisser filer la pensée…
Penser
Penser à
Penser à ce
Penser à ce retour
Penser à ce retour réitéré
Penser à ce retour réitéré qui
Penser à ce retour réitéré qui découle
Penser à ce retour réitéré qui découle de
Penser à ce retour réitéré qui découle de quel
Penser à ce retour réitéré qui découle de quel choix ?

Je (ne) te le demande (pas)

Souvent avoir (dé) posé (Les Choses) au purgatoire.
Reposé les questions, interrompu l’interrogatoire

Quoi ?

                                 Tu veux dire qu’ici serait ta boîte noire ?

Ne plus être sûre de là où on laisse Les Choses.
La douleur restée là- bas auprès des narcisses et des lilas
Ou emportée avec soi ?
Et si c’est ça

pouvoir
devoir              la déposer aux pieds des magnolias ?
vouloir

La peine  qui sommeille au loin  se fait plus sourde ici-c’est ce que je crois-mais je vois pourtant dans le miroir sur le côté droit une lueur tremblante au coeur du photophore à corps désirable ou dérisoire.
Choisir de :
Laisser  couler la boite noire.

Je ne suis pas forte

A défaut de l’accord-folie, controverse au point central des lignes de fuite.
Tout là- haut un corbeau à la queue de diamant m’évoque une bien curieuse forme.
Souvent je cherche l’image vraie  ce soir j’ai cru voir chuter son  reflet au centre de la mare en courbes répétées

Chut...
       ... Le cercle d’études
 commencé ...




jeudi 22 mars 2012

Désir d'histoires (17), Atelier 59 Sans irénisme


Des mots, une histoire 59


Tous les textes sont ici


Controverse de Valladolid ou d’ailleurs.


Parfois j’aimerais être ailleurs. Pourquoi pas au purgatoire !
Ailleurs où je pourrais me noyer dans tes yeux bleus aux reflets couleur lilas. Tu es si désirable.
Quelque part pour pouvoir te dire, c’est ici que l’on va. Tu m’as dit, au Cap de Bon Espérance. Non, emmène-moi au Cap Diamant, il y a si longtemps que je veux voir Québec. Dommage, cela ne se fait plus les fiançailles… avec un concierge, un majordome, un argentier[1]
Vers là-bas dans le sillage du dauphin. Tu m’apprendras à nager le papillon.
Au lointain vers la terre promise et son Mur des Lamentations où brûle toujours le chandelier aux sept branches.
Mais je suis ici et je n’ai pas réalisé mes rêves. J’ai trop de peine.


Parfois j’aimerais être ailleurs. Pourquoi pas au paradis !
Ailleurs où les larmes n’existent pas ni le mensonge.
Quelque part pour entendre des rires éclatés le plus souvent possible.
Vers là-bas dans un pays imaginaire où la folie n’a pas cours.
Au lointain vers l’horizon sans fin où brille une série de photophores à la forme bizarre, celle d’un prisme.
Mais je suis ici et je n’ai pas réalisé mon rêve. Je n’ai pas eu le choix.

Parfois j’aimerais être ailleurs. Très loin du pays de la douleur.
Ailleurs où le bruit du fusil s’est tu enfin
Quelque part pour se recueillir
Vers là-bas dans le pays des rêves où les narcisses fleurissent à foison.
Au lointain où juste une goutte d’espoir souhaite le retour d’un ciel plus bleu.
Mais je suis ici et je n’ai pas réalisé mon dernier rêve.

Mes tambourinages discrets et réitérés
à la porte de ton cœur
ont fini par être entendus.


La 59ème récolte de Des mots, une histoire donne ces mots :
douleur – narcisse – irénisme – lilas – choix – fiançailles – mensonge(s) – forme – retour – diamant – photophore – tambourinage – branche – reflet – prisme – réitéré(e)(s) – espérance – papillon – souvent – purgatoire – désirable – série – folie – argentier – controverse – peine
Comme il y a 26 mots, l’un peut être abandonné…
Irénisme a été jeté dans les oubliettes de mes ailleurs.


[1] Proust, Du côté de chez Swann,1913, p. 325.

dimanche 18 mars 2012

Une photo, quelques mots (32), Ti-Bonhomme dans le métro


 

Sur proposition de Leiloona

 

13 mars 2012

Une photo, quelques mots (32)


©Kotimages - Close - Cette photo a été prise le 3 septembre 2009.

Ti-Bonhomme hantait les couloirs du métro avec toujours son appareil photo non loin de son œil. Il ne voulait pas rater la photo dont il rêvait.

Mais c’était surtout parce qu’il était claustrophobe. Cela lui permettait d’oublier un peu son angoisse quand il devait emprunter le métro.

Ce lundi, il allait bien. C’était son jour de congé,il avait décidé, en dehors des heures de pointe, pour ne pas se faire peur inutilement, de photographier les pendules des différentes stations où il allait passer. Il avait envie d’écrire sur le temps et de l’illustrer par ses photos qu’il voulait originales.

Il en était à sa cinquième station. Il était à peine 11 heures.
Ti-Bonhomme fut subjugué par cette belle inconnue au teint de porcelaine.
Il oublia la pendule de la station, cacha son appareil derrière le journal qu’il faisait semblant de lire.
Ti-Bonhomme photographia, photographia celle qui prénomma Aomamé. Ce n’était pas très original mais il venait tout juste de finir le livre 3 de 1Q84.
Cela avait déteint.

Il aurait voulu lui parler mais il était trop timide pour cela.
Il attendit mais jamais elle ne tourna son visage vers lui.

Il monta dans la même rame, descendit à la même station mais n’osa pas la suivre ou l’aborder. Il était loin de chez lui.

Sa randonnée souterraine tourna court.
Il décida de rentrer chez lui pour se plonger dans la série de photos qu’il venait de faire.