samedi 4 juin 2016

Les vases communicants (55) : Wana Toctouillou

Dans le cadre des vases communicants de juin 2016
Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

L’aventure du 1er vendredi du mois de juin 2016 est ici.


Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Wana Toctouillou dont les mots sont habituellement ici.

Nouvelle rencontre après celles des 2 mai 2013 ici, 7 novembre 2014 ici et du 30 août 2015, ici
aujourd'hui autour du nombre 4





Grand merci à Wana

Si vous voulez lire mes mots, c’est ici.


Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants


vendredi 6 mai 2016

Les vases communicants (54) : Sylvie POLLASTRI

Dans le cadre des vases communicants de mai 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

J’ai le grand plaisir d’accueillir Sylvie POLLASTRI dont les mots sont habituellement ici.

Autour d’une phrase proposée, partagée et mise en mots.

le livre de Pierre TILMAN – QUESTIONS aux éditions PLAINE PAGE traîne près de moi, je l’ouvre à la page 15 et lis : "Avez-vous déjà déchiré une photo ?"


Ce sera le début de notre échange pour le mois de mai.

Ci-dessous le texte que Sylvie a bien voulu me confier…

« Avez-vous déjà déchiré une photo ? »
(P. Tilman, page 15)

Je m’avançais vers le parapet. Depuis l’angle gauche de l’avenue s’ouvrait un espace simple et tranquille, une rue devenue piétonne le long de la façade d’un immeuble des années trente dont l’enseigne liberty annonçait des amusements désormais muets, et un petit carré vert auquel rien ne manquait l’arbre, la haie de buis, deux rosiers en fleurs, un banc de calcaire clair que je traversais d’un pas rapide, avant que l’avenue en bord de mer ne m’arrêtât. Une voiture passa, point blanc sur l’asphalte gris. Une autre ralentit pour me laisser passer, tandis que j’étais en équilibre sur la longue double ligne qui séparait les voies.
Je m’avançais vers le parapet. Sur le point de poser le pied sur le trottoir, après avoir eu un bref geste de remerciement envers l’automobiliste, alors que mon regard était déjà loin vers l’horizon, la mer vert-de-gris, le grand nuage de nacre sur la droite qui disait déjà la pluie, la lumière pâle durcissant la peinture noire des lampions de bronze qui se détachaient ainsi comme des aiguilles du temps sur cette immense horloge météorologique, le souffle des embruns enveloppa tout mon corps.
Je m’avançais vers le parapet. La mer vint à moi avec ses mondes, ses voyages, ses âmes éperdues, ses voiliers, ses bourrasques. La mer fut un murmure, fut un geste d’amour. Une ivresse des sens. Sans rien voir d’autre que sa surface étale sous le ciel qui devenait tempête j’entendis ses voix. Je sentis ses passions, patiences, pénitences, sirènes mythiques invisibles et voraces. Je reçus ses caresses, maternelles, éternelles. En silence. La mer vert-de-gris avec le ciel d’orage venait me caresser, là, de leur souffle de chair, tiède, chargé d’eau, salé. Ils venaient me toucher, ici, d’un mince tissu de soie qui tourbillonne autour du corps, s’entortille à lui et s’échappe. J’entrais brusquement dans l’espace, mou, familier, paisible de leur présence venue à moi. La rencontre de nos souffles comme des êtres qui s’embrassent.
Je regarde. J’essaie de voir. Revoir.
J’effrite l’image à la recherche du tangible, du palpable. L’objet que mes doigts triturent n’est qu’une surface lisse et glacée sur laquelle ont été imprimés mer, ciel d’orage, un long boulevard, de rares voitures, quelqu’un, là. Je cherche au milieu des morceaux que j’éparpille les embruns qui se moulent sur les doigts, la respiration du vent salé qui pose son haleine sur la peau et la parfume, la mer qui par vagues vient vers nous, s’enroule autour de nos chairs, monte le long de nos jambes dans une caresse infinie. Je cherche les souffles qui m’embrassent. Je déchire le désir de ne pouvoir toucher. La photo n’est plus. La photo n’est pas. A-t-elle vraiment été ?
Il me reste le souffle du ciel et de la mer, et ce baiser.



Grand merci à Sylvie

Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

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Merci à Marie-Noëlle Bertrand d’avoir repris le flambeau.


vendredi 1 avril 2016

Les vases communicants (53) : Anne-Sophie BRUTTMANN

Dans le cadre des vases communicants d’avril 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

J’aurai le grand plaisir d’accueillir Anne-Sophie BRUTTMANN dont les mots sont habituellement ici.

Autour d’une photo proposée et partagée et mise en mots.


La Baume Les Aix - mars 2016 - DM


Je n'avais jamais quitté la ville. J'avais toujours vécu dans ces réseaux de rues inextriquées, ponctuées de squares, de pigeons et de hauts murs. Je suis une fille sans mystère, disponible et sans rendez-vous fixes. Je travaille dans une banque. Comment ai-je un jour atterri là, je ne m'en souviens pas. Je possède la clé du sous-sol qui mène aux coffres, il faut croire que ma tête inspire confiance. Régulièrement des types se pointent pour aller déposer quelque chose ; tous ces types plein de diamants, de lingots ne m'intriguent pas. Je suis une fonctionnaire de porte : j'ouvre, je ferme, tape un code, accessoirement j'accompagne ces hommes qui ont tous la même tête, les mêmes enveloppes marrons, les mêmes mallettes. Sans moi ils ne peuvent rien. Avec ma clé j'accède à leurs désirs profonds, mettre en sûreté l'argent, les possessions, l'avoir. Je peux les observer de dos quand ils avancent dans le long couloir. Ils ont les mêmes dos qui dissimulent, ils ne parlent pas, ils avancent et ont hâte que ma clé ouvre leur paradis. Je vais, je viens, évidemment ce n'est pas régulier mais pas un jour ne passe sans un accès aux boîtes. Ils cachent des espèces, des faux papiers ou des testaments. Cette clé les guide et les inspire, les fait bander. Parfois dans un angle mort sans caméra je suce un de ces types dont j'ignore la tête. J'ai le pouvoir, j'ai une bouche, j'ai des mains, je caresse, je soulève, je malaxe, je malmène, je soulage. Ma clé ouvre des abîmes. Les femmes sont plus rares. Apparemment je ne les intéresse pas. Elles ont tort, mais je ne peux pas les y obliger. Leur drogue, leurs bijoux, elles les gardent et les observent. Dans les tiroirs, sous les dessous, on planque les colliers de mamie ou d’un ex comme un souvenir, une marque dans la chair. Les hommes s’en foutent. Les hommes ont une capacité à l’oubli. Et puis le soir vient, je regagne la rue et les hauts murs. La clé bien au fond de mon sac, je respire la ville noire.

Grand merci à Anne-Sophie

Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants

Merci à Marie-Noëlle Bertrand d’avoir repris le flambeau.


dimanche 13 mars 2016

Chez Charade, 12 mars 2016 : Les 6 couleurs


1ère et 2ème consignes : 6 couleurs


Peter Pan à la plage.

Peter Pan, le surnom que son grand-père lui a donné dès ses cinq ans.
C’est vrai qu’il avait toujours aimé se déguiser. Mais Spiderman et ses compères ou concurrents dans l’imaginaire des enfants ne l’avaient jamais vraiment intéressé.

Peter Pan, c’était autre chose. Ce surnom lui a très longtemps collé à la peau. Mais aujourd’hui, il a le vert en horreur. Les gouts changent avec l’âge.
Enfant, c’était le chapeau de Peter Pan qui lui plaisait et son juste-au-corps. Il l’avait agrémenté d’une écharpe rouge, sa petite touche personnelle.

Il avait été au cours de théâtre très jeune, préférant cela aux week-end voués par nombreux de ses copains au scoutisme. Faire le clown sur scène le ravissait.

Il avait un autre centre d’intérêt ; la mer l’attirait de plus en plus.
Pourtant, il habitait dans les terres et le premier bout de plage était à presque deux heures de route. Autant dire qu’il en rêvait. Jamais de son enfance ne surgit un souvenir de drapeau rouge ou vert. Aucune baignade ne lui avait été permise.

Heureusement, ses voyages autour de la planète et ses séjours outre-mer pour son travail lui ont permis de rattraper son retard.

Il y était parti en tant que pompier et devint vite responsable d’une des casernes où il avait été affecté. Six mois là-bas, trois mois de retour ici et surtout trois mois de vacances où il pouvait s’adonner à ses loisirs favoris.

Depuis son retour, les sorties de pêche en mer lui manquaient de plus en plus. Il aurait souhaité ne pas renter mais ses parents vieillissaient et l’avaient supplié de revenir au bercail avant qu’il ne soit trop tard.
Neuf années passées là-bas, c’était beaucoup pour les autres mais jamais il ne s’était jamais lassé du soleil rouge qui éclairait le ciel presque tous les soirs.



3ème consigne : une photo




Deux poules sur une route.

Une route de campagne,
Des poteaux électriques bien rangés de chaque côté de la route, sagement sans envie meurtrière d’attirer un véhicule roulant trop vite,
Une parcelle de vigne laissée à l’abandon, se prélassant sous un soleil printanier,
Deux poules rousses partant à l’aventure sans aucune notion du danger qui pouvait surgir d’une seconde à l’autre.

Et soudain,

Un coup de tonnerre nous creva les tympans, un éclair zébra le ciel, les poules semblèrent frappées par la foudre, leurs plumages tout ébouriffés leur donnaient un petit air de zombie. Elles étaient clouées sur place, bec entre-ouvert.

Les poteaux électriques se penchèrent et enfilèrent chacun leur tour une grande chaussette tricotée, se parant ainsi chacun d’une des couleurs de l’arc-en-ciel. Ils se redressèrent ainsi parés.
L’arc-en-ciel avait perdu la tête ; il avait oublié sa forme semi-circulaire pour s’élever en bâtons colorés d’au moins vingt mètres de haut ; ils avaient grandi après avoir été foudroyés et vêtus.

Juste au début de la route qui se tordait de douleur, son tablier fondait, la borne kilométrique 32 avait soudainement grandi : elle devint hébergeur d’une colonie d’écureuils qui s’empressa de construire le nid, devant accueillir les petits, leur naissance était imminente.
Des bouquets d’arbre surgirent les sept nains, les vêtements complètement en lambeaux se demandant si le ciel leur était tombé sur la tête.

Un nouveau coup de tonnerre éclata.
Tout redevint comme avant.
Les poules caquetèrent de nouveau, les nains disparurent.


Seuls les poteaux gardèrent leur parure d’apparat.


Ecriture gourmande autour des mets préparés à Charade, Grignot'à jeux - place du pré de foire - Saint Maximin la Sainte Baume.

atelier du 12 mars 2016, en suivant les consignes de Jeanne

vendredi 4 mars 2016

Les vases communicants (52) : Aunryz Tamel

Dans le cadre des vases communicants de mars 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

J’ai le grand plaisir d’accueillir Aunryz Tamel dont les mots sont habituellement ici.


Après l’ensemble des dix fragments parus récemment, le texte du mois.
Excusez le retard mais des choses très bizarres se sont passées… avant que le texte n’arrive ici.

Où il est question d'usurpation, de je ne sais quoi de la part de je ne sais qui d'ailleurs ! 
En tout cas un agréable moment de partage de mots...

A vous d'en juger.

Les autres

Ce matin-là, Nathan s’était éveillé vide de lui-même. Pas un seul indice de sa présence dans ce qu’il avait retenu de rêve.
Et ce vide l’enchantait. Il lui fallait absolument conserver le plus longtemps possible cet état dans lequel, déserté de sa conscience, le monde entier lui appartenait. Et cette possession incluait l’existence de l’Autre, de tous les autres.
Afin que rien ne vienne perturber cet état, qu’aucune pensée personnelle ne rappelle son moi parti vagabonder, Nathan devait au plus vite sortir de chez lui, se mêler à ces Autres. Ceux des trottoirs, des cafés, des transports en commun …
A mi-chemin du cours Mirabeau, Nathan décida d’aller boire un café aux Deux Garçons. Les banquettes plaisaient à son dos fragile et la rumeur y était telle qu’elle rendait impossible le suivi d’une conversation en particulier. Ainsi le zapping était constant sans qu’il soit nécessaire de le provoquer.
Nathan s’installa dans le centre du café, au beau  milieu du concert des voix, tourné vers l’entrée de manière à voir arriver les nouveaux clients.
Ils s’étaient longuement embrassés devant la porte avant de la franchir. Se tenant la main, tous deux marchaient avec la décontraction dansante de ceux qui se sentent beau.
La vingtaine, blonds tous deux, elle aux yeux verts, lui d’un bleu piqueté d’orange. Après être passé derrière Nathan, ils allèrent s’asseoir sur la banquette appuyée à la sienne.
Nathan s’était assoupi. Quelques secondes pas plus. Dans le cas contraire l’un des serveurs serait venu le réveiller. Il se redressa mais encore las, appuya sa tête sur sa main et les masquant de ses doigts, il garda les yeux fermés.
A présent, Nathan ne pouvait plus voir le couple qui l’avait si fortement impressionné à leur entrée - et il ne devait pas être le seul - mais étrangement, alors même qu’ils chuchotaient comme s’ils craignaient qu’on les entende, Nathan percevait très distinctement leurs paroles. Le vacarme du café, s’était figé, papier peint, immobile, sur lequel les mots dits à voix basse se détachaient clairement, si distinctement qu’il lui semblait qu’ils s’imprimaient directement dans sa tête sans le concours de son ouïe.

-   - Moi aussi je t’aime Hélène, mais crois-moi, ce n’est pas si simple.
-  J’ai rarement aimé être emmenée en bateau…
-  Je t’ai promis de lui dire. C’est une question de quelques jours.
- … mais chaque fois que tu me ballades, et c’est arrivé si souvent, j’ai l’impression de vivre un rêve…
-  Dans une semaine, un mois tout au plus, nous serons ensemble.
-  … un rêve Thibault, un rêve

Parfois leurs mots se recouvraient presque, se caressaient à distance, une distance qui paraissait à Nathan étrangement grande et s’est en y songeant …
Il s’était à nouveau assoupi. Un mouvement dans son dos l’avait soudainement réveillé, en même temps qu’une voix haut perchée.

-   - Si tu as fini, Armand, on peut y aller.
-  - Doucement Paulette, y a pas le feu. Je raccroche, je finis mon demi tranquillement et on se rentre.

Nathan se retourna, pour voir la jeune fille ouvrir son sac, y ranger son portable et se rasseoir.
L’intermède était terminé, sa conscience à nouveau en route pour assembler entre eux les morceaux de la réalité qui venait de se jouer devant lui, Nathan était à nouveau présent, seul.  Il paya son café, jeta un dernier coup d’œil en direction du couple. Et d’un pas mesuré qu’il aurait voulu plus serein, il s’enfuit.

Grand merci à Aunryz Tamel


Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

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Merci à Marie-Noëlle Bertrand d’avoir repris le flambeau.


vendredi 5 février 2016

Les vases communicants (51) : José Defrançois

Dans le cadre des vases communicants de février 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

L’aventure du 1er vendredi du mois de février 2016 est ici.


Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir José DEFRANÇOIS dont les mots sont habituellement ici.

Un tableau partagé de Edward Hopper



Mais un petit empêchement n’a pas permis à son texte de venir jusque ici

Mais n’hésitez pas à lire ses autres publications
À découvrir sans modération

Si vous voulez lire mes mots, c’est ici.


Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

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Merci à Marie-Noëlle Bertrand d’avoir repris le flambeau.

dimanche 3 janvier 2016

Les vases communicants (50) : Mickaël BERDUGO

Dans le cadre des vases communicants de janvier 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

L’aventure du 1er vendredi du mois de janvier 2016 est ici.


Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Mickaël BERDUGO dont les mots sont habituellement ici.

Une photo des derniers arrivés dans le jardin

 
Platon et Socrate - Photo Danielle MASSON


Et une succession de mots à déguster

Les ânes trompés par leurs bouches d'orgue
Se servent de la Terre comme d'un chandelier
Sans flamme.
Le temps s'assagit puis monte à l'échelle
Crier au monde que le passé vient de mourir
Et qu'un cimetière crée les hommes
Comme le ciel la dernière pluie.
Un orage s'abat sur les corps tendus,
Un âne cherche sa carotte
Entre les lèvres de Dieu.
Des arbres font le compte du nombre
De feuilles qu'ils leur restent
Avant de renaître.
Les sabots écartent les ombres
De l'hiver,
Il se retrouve nu,
Avec une aiguille collée
Au torse.
Les ânes s'agitent comme des guêpes,
Une musique se fait entendre
Sous le sable.
C'est un bateau charitable
Qui se lance à la conquête
Des squelettes de mondes inconnus.
Les animaux guettent le bec
De l'oiseau à chemise,
L'ordinaire tracte pour la tenue
D'une assemblée extraordinaire.
Vive le vent,
Vive les dents de l'hiver.

Grand merci à Mickaël

Si vous voulez lire mes mots, c’est ici.


Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

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Merci à Marie-Noëlle Bertrand d’avoir repris le flambeau.

jeudi 31 décembre 2015

En attendant les vases communicants de mars 2016 : Aunryz Tamel - fragment 10

Dans le cadre des vases communicants de mars 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

J’aurai le grand plaisir d’accueillir Aunryz Tamel dont les mots sont habituellement ici.

Nous avons échangé, je lui ai proposé un texte à plus long cours qui, commencé le 19 décembre 2015 s’achèvera le 1er vendredi du mois de mars 2016.


10ème fragment
(Mes mots – suite du fragment 9, ici)

Et de son bois … de son bois … il devint de par les mains de grand-père Nemours…

Il ne voulait pas quitter sa demi-somnolence, il était si bien…

Il voulait encore courir dans les collines, les collines karstiques… ce mot que lui avait appris Nemours, quand il l’avait pris dans ses bras au sortir de sa longue nuit d’errance et d’angoisse.

Grand-père Nemours et ses bras si robustes, ses mains si agiles, ses cahiers d‘écolier couvertes de dessins et croquis…
Ces nombreux cahiers retrouvés au fond du tiroir du secrétaire, chacun orné d’une étiquette couverte de cette écriture aux fins déliés

Et à la page 32 du cahier à couverture vermillon ce dessin d’arabesque, cette esquisse de clé à volutes, celle qui orne le secrétaire qu’il aperçoit entre ses yeux à demi entr’ouverts

Et si son bois était celui du grand chêne dit « du petit boucan » …




lundi 28 décembre 2015

En attendant les vases communicants de mars 2016 : Aunryz Tamel - fragment 9

Dans le cadre des vases communicants de mars 2016

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

J’aurai le grand plaisir d’accueillir Aunryz Tamel dont les mots sont habituellement ici.

Nous avons échangé, je lui ai proposé un texte à plus long cours qui, commencé le 19 décembre 2015 s’achèvera le 1er vendredi du mois de mars 2016.


9ème fragment
(mots d’Aunryz Tamel – suite du fragment 8, ici)

Irénée s’écroula sur la chaise qui faisait face au vieux meuble, envahi soudain par une fatigue comme il n’en avait jamais connu de sa vie.

Une fatigue plus lourde encore que ce jour où, en ballade avec son grand père dans les Mornes, il s’était éloigné pour courir après une chèvre sauvage et, surpris par la nuit, n’avait plus retrouvé son chemin. Il avait eu beau appeler de toutes ses forces Nemours, déjà un peu sourd à cette époque, ne l’avait pas entendu. L’enfant avait alors erré dans les collines une bonne partie de la nuit à la recherche d’un passage entre les combes lui permettant de regagner le village, tombant à chaque fois sur des ravines infranchissables.

Ce jour-là il …
Mais oui !
Arrêtant brusquement la course folle du gamin qu’il était redevenu pour un temps, il s’éveilla de la demi-somnolence qui l’avait saisi.

Ce jour-là on avait abattu le grand chêne dit « du petit boucan », le seul chêne du village. Et son bois … son bois … 

Grand merci à Aunryz