vendredi 5 septembre 2014

Les vases communicants - septembre 2014 (35) : Cécile BENOIST

Dans le cadre des vases communicants de septembre 2014, mon 35ème échange de mots,

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

Tous les liens vers l’aventure du 1er vendredi du mois de septembre 2014 sont ici.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Cécile BENOIST dont les mots sont ici.

Chaque jour, toujours ou presque, moins d’une dizaine de lignes à vous glacer le temps, ai-je écrit en premier jet.
Je rectifie, à vous glacer le sang.

Mais, comme beaucoup je pense, j’en redemande.
Mon moment de frisson journalier pour oublier les horreurs de la vraie vie.


Merci également à Brigitte Célérier dont il faut saluer la somme de travail tout au long du mois pour rassembler tous les liens et allez lire ses impressions de lecture… un petit bijou chaque mois.


Place aux mots de Cécile, que je vais découvrir en même temps que vous ou presque.
Après avoir écrit mon introduction.

Roulements de tambour !!!
Entrée en scène de l’auteure habituelle de « Polars en short » mais ce n'en est pas un...



Les œufs de terre

Il y avait cette poule qui se faufilait entre les jambes du gamin, et le gamin croyait trouver les œufs dans la terre, comme les racines d’une plante, parce que, petit jardinier en herbe et en chair, il voyait comment ça poussait le végétal, et il pensait les animaux c’est pareil, ça croît dans la terre comme les haricots, et les bébés aussi sortent des entrailles de la planète, tout est sauvage sauf les immeubles sauf les maisons sauf les routes sauf les ordinateurs, le reste c’est enfoncé et ça sort au grand jour un jour, ou alors il faut l’aider à sortir, mais les œufs de la poule, il ne les trouvait jamais, alors il se demandait si la poule c’est sauvage ou pas, et ce qui n’est pas sauvage, ça n’a pas de racines alors, s’interrogeait-il, et quand il n’y a pas de racines, on n’est plus accroché à rien, on est aspiré par l’air du ciel, on se noie dans l’eau, on échoue au feu, on est libre parmi le vide, on s’échappe de la terre, on n’est plus là, alors les œufs de la poule doivent bien être quelque part.


P.S.: Je n’ai pas osé demander à Cécile si le prénom, titre de ses « polars en short » venait d’abord ou après le point final.
Ici, dans ce texte, pas de prénom. Normal, une pièce rapportée dans sa galerie de portraits.

------sa réponse en commentaire-----

P.S.2: Ce texte inspiré par nos quelques mots échangés :

Les siens (par bienséance, devant mais en réalité après les miens): “On peut partir sur la triade improbable poule-racines-sauvagerie ?

Les miens: “J'écris le plus souvent autour de personnages cherchant leurs racines ou à partir de photos de mes poules... un texte de vous sur la sauvagerie, pas de problème



Grand merci à Cécile.


Pour pourrez découvrir mes mots … icichez Cécile, avec un peu de retard dû à ma très mauvaise organisation en ces jours de rentrée. Ça promet !

Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
Emprunté à Pierre Ménard, car pourquoi dire mal ce qui a été si bien dit :

« François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. 

Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Les prénoms des polars en short sont le point de départ des textes. Le prénom des personnages de mes textes est très important pour moi, un peu comme s'il dessinait déjà une vie, un caractère, une manière d'être. D'ailleurs, les prénoms que je choisis (ou qui s'imposent à moi) sont souvent assez atypiques et il est rare que j'utilise un prénom porté par un proche. Et lorsqu'il n'y a pas de prénom, c'est que je ne connais encore pas assez bien le personnage :-) Mais ici, ce n'est pas un polar en short. CB

Dominique Hasselmann a dit…

La poule avait les deux jambes, gainées de soie noire, bien posées sur le trottoir, à l'entrée de l'hôtel de la gare.

Le coq tenait la comptabilité sur un Mac.