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vendredi 18 novembre 2011

Désir d'histoires (15), Excécution immédiate



Sur une idée d’Olivia,

Des mots, une histoire 46


Oups, mea culpa, j’avais oublié de programmer cet article.
Une nouvelle récolte de mots ! Cliquez ici pour les explications…
Le défi est lancé

Les textes du 18 novembre 2011, ici 


Exécution immédiate.

Les vacances d’automne viennent de commencer.
Comme à chaque période de congés scolaires, pour ne pas rompre les bonnes habitudes prises depuis sa plus tendre enfance, Léa part chez son grand-père Théodule.
Elle l’aidera au jardin où le travail ne va pas manquer.
Entre ramasser les feuilles mortes et les olives, en ensevelir le grignon, elle sait qu’elle ne verra pas le temps passé. En plus comme le fameux grand-père se pique aussi d’écologie, d’environnement et de culture à l’ancienne, le temps va être plus qu’occupé.

Petit retour en arrière, un petit mois plus tôt.

De son petit air opiniâtre, le même depuis ses 5 ans, à l’époque où elle posait, en plus, les poings sur ses hanches pour montrer sa détermination, elle a déclaré à ses parents :

-       Je vais aux prochaines vacances chez Papy. C’est obligé, que j’y aille. Je dois lui faire plaisir. Il est vieux.
-       Léa ! un peu de respect pour ton grand-père. On n’est pas vieux à 60 ans.
-       Je disais cela pour plaisanter. Je le sais bien.
-       Vous avez déjà tout combiné tous les deux, comme d’habitude. Mais ce n’est vraiment que pour ton grand-père que tu y vas ?
-       Maman ! hurla-t-elle dans un grand soupir.
-       Je disais cela en passant. Car aller chaque vacance ou chaque week-end prolongé à la campagne, pour une fille de ton âge, cela m’intrigue beaucoup.
-       Maman ! Je ne trouve pas cela drôle.
-       Vous avez quoi au programme ?
-       La découverte de sa nouvelle passion
-       Ton grand-père a…
-       Mais non ! il est toujours fol amoureux de son Alexane, la reine des chaussons aux pommes faits maison et du pot-au-feu aux panais.
-       Aux panais?
-       Tu es nulle. Cela se cuisine comme les carottes. Sauf que c’est blanc. Elle nous a fait des chips aussi avec, une fois. Un régal.
-       Tu as l’air de beaucoup l’apprécier, l’originaire de Poix-Terron[1]
-       Papy, un vrai gamin devant elle ! Sa nouvelle passion, la restauration de meubles trouvés dans les brocantes. Il doit me faire voir comment patiner un meuble.
D’ailleurs, je vais en faire un reportage photo.
Cela sera parfait pour un de mes dossiers de travail en arts plastiques à présenter au terme de mon année scolaire. Je l’ai appelé « regard neuf sur meuble ancien ». je t’en ai déjà parlé. Cela va être un livre d’artiste, unique, avec une couverture en macramé et plein de photos.
-       Une façon de joindre l’utile à l’agréable et de ne pas être à la remorque de ton grand-père. Vous êtes deux vrais complices...

Dominique et Claire, les parents de Léa, ne pouvaient l’accompagner, ce qui arrangeait beaucoup Léa.
Au moins, ils lui laisseraient la paix et elle ne serait pas sous leur regard inquisiteur toutes ses vacances.
Car comme le pressentait sa mère, il y avait anguille sous roche. Son grand-père était son meilleur allié dans sa romance avec Julien, le petit-fils de sa tendre amie, Alexane, comme il disait en riant.

Son père, avocat spécialisé dans les affaires liés au salariat, était trop occupé, en ce temps de crise, comme il aimait à le répéter. Les séjours à la campagne ne le ravissaient pas plus que cela. Il n’avait jamais été un fan de l’horticulture comme son beau-père.
Sa mère dirigeait un atelier de repassage pour personnes en situation de handicap, comme on dit maintenant. Cela avait donné un nouveau sens à sa vie, quand le couperet du licenciement de son entreprise de publicité était tombé.

Léa, toute ravie, envoya un courriel à son grand-père lui annonçant sa venue pour le premier samedi des vacances.

Léa, rayonnante, écrivit un SMS enflammé au fameux Julien.

Mais c’est une autre histoire.





Liste des mots


Patine (des meubles) – Salariat – Remorque – Regard – Poix – Exécution – Rompre – Panais – Plaisir – Savoir – Paix – Couperet – Jardin – feuille – Macramé – horticulture – Sens – Repassage – Chausson – Soupir – Automne – Ensevelir - Opiniâtre





[1] Commune française du département des Ardennes (région Champagne-Ardenne).

samedi 5 novembre 2011

Chez Asphodèle les mots en J (10), Deux canailles à la mer



LES PLUMES DE L’ANNÉE 10 – les mots en J !



Extrait du journal intime de Léa en date du 32 octobre 2011.

Deux canailles à la mer.

Aujourd’hui, nous sommes jeudi, mon mercredi à moi, le jour où Théodule ne faisait pas l’école au début de sa carrière à l’école maternelle qu’il vient de quitter pour des vacances que je lui souhaite les plus longues possible.
Il faut que je vous dise que Théodule est mon grand-père et que, moi, je suis Léa, son unique petite-fille au milieu de la tribu de cousins qui m’entoure. J’en ai sept.

Il me transmet tout ce qu’il sait sur la photographie, la mer et j’adore !

Je jouis de ce temps très précieux qui n’appartient qu’à nous. Jamais, je ne les oublierais. Ces moments seront pour toujours des jalons dans mon existence. Je suis persuadée que j’en parlerais encore quand je raconterais à mes petits-enfants ces instants juvéniles.

Aujourd’hui, ce sont les vacances de Toussaint.
Et sans réfléchir beaucoup, nous décidons de partir voir notre grande amie, la mer. J’aime cette expression, voir la mer, rêver à ce qu’il y a là-bas, tout au bout de l’horizon.

Réviser mon vocabulaire s’y rapportant, cela ne va pas me faire de mal.

Bâbord et tribord, ça y est, je sais. Enfin quand je ne mélange pas les crayons.
Flot, étale et jusant n’ont plus de secret pour moi. Mais, je vais éviter de parler des raz, des courants de marée alternatifs ou giratoires, car je ne sais toujours pas où se trouve le bouton marche-arrêt de mon grand-père quand il se lance dans ses explications. Il est pareil à une encyclopédie dans ce cas.

Nous allons pouvoir jaspiner à qui mieux mieux sans témoin. Juste nous deux face à la mer.

Nous allons nous lancer dans un concours de nos meilleurs jurons, tirés des aventures de Tintin et sortis tout droit de la bouche du Capitaine Haddock, sans nous attirer les foudres de mes parents, qui lui ont reproché mainte fois de m’apprendre n’importe quoi.
Quelle éducation vous lui donner !
Il est vrai que je passe beaucoup de temps avec lui. Cela les arrange. L’avantage des inconvénients, ils doivent assumer. Mais je m’égare.

Deux vrais sales gosses, nous en jubilions d’avance et avons commencé dès notre départ de Roc sur Gréez par un tonitruant « inca de carnaval[1] » que je lui lançais en réponse à son « invertébré[2] ». Tout cela présageait d’une belle journée.
Pendant tout le trajet, une bonne heure que je n’ai pas vu passer grâce à son chargeur juke-box de cd. Je m’amusais à passer de titre en titre à essayer de lui faire deviner le nom des chanteurs. Une vraie catastrophe. Il ne connaît rien à la musique d’aujourd’hui. Évidemment, si je lui avais concocté une sélection de morceaux de musique classique, il aurait eu 20/20 ou pas loin. Pas comme son 5/20.
Des « infect[3] », « innommable [4]» et autres « iconoclaste[5] » se sont succédé en réponse à des « Hurluberlu[6] » bien sentis et quelques « jeune impertinent[7] » et « jeune chenapan[8] », accordés au féminin ou non.

Pour la circonstance, le temps n’était pas trop clément, nous avions mis nos pulls jacquard, identiques par le motif et non par la taille bien sûr. C’étaient ceux que sa bonne amie nous avait tricotés en cachette.
Quelle belle surprise, nous avions eue, le jour de notre anniversaire commun.
Je n’étais pas peu fière de ce cadeau. Mais quelle idée d’avoir voulu étrenner ma jupe noire à cette occasion. Le vent s’amusait à s’engouffrer dedans. Quel bandit[9] et brigand[10] à la fois !
Cela avait été une joyeuse journée au milieu d e toute la famille, comme celle qui s’annonçait.

Aucun janotisme et aucune jérémiade au programme.
Que du bonheur !

Nous voilà partis et à notre arrivée, la découverte d’une eau couleur de jade.
Quel plaisir de photographe sous nos yeux.

Je me dispense de vous abreuver des 32 clichés faits.
Un seul aurait mérité votre attention. Je vais voir si je vous le montre ou si j’en réserve la primeur à ma prochaine exposition. Ne croyez pas que je me vante.
La jalousie de ne pas atteindre mon niveau est un vilain défaut. Vous verrez bien. Un jour, justice me sera faite.

Nous avions apporté un jeu de jokari pour nous défouler sur la plage.
Le peu d’autres promeneurs nous regardait d’un air étonné, s’interrogeant sur la provenance de cet antique jeu dont je raffolais.
Toujours notre amour commun des bandes dessinées.
Nous étions un peu plus doués que ce pauvre Gaston Lagaffe, bien emprunté avec sa raquette.
Mais nous étions venus pour faire de la photo aussi.







Et voici ce qu’a donné la collecte des mots en J aujourd’hui, les 20 mots à placer dans le texte : Jusant – jaspiner – juron – jubiler – jacquard – joyeuse – juke-box – jade – jalousie – jokari* – jour – justice – juvénile – jeudi – jouir – jalon – jamais – janotisme – jérémiade – jupe.

un grand merci à Jean-Michel Petit pour son travail autour de Tintin et du Capitaine Haddock, ici

[1] Le temple du soleil
[2] Le crabe aux pinces d'or  
[3] Tintin et les Picaros  
[4] Tintin et les Picaros (encore)
[5] Les 7 boules de cristal  (entre autres)
[6] L'affaire Tournesol  
[7] Tintin au Tibet  
[8] Coke en stock  
[9] On a marché sur la Lune  
[10] Vol 714 pour Sydney