lundi 12 janvier 2015

Une photo, quelques mots (150), Madeline

 

11 janvier 2015

Ce 150è atelier a un goût amer, j’ai longtemps réfléchi … Le maintenir ? Mettre une photographie ? Hier, je ne le pouvais pas. Je me disais même que je mettrais un rectangle noir … Et puis, je suis tombée sur cette photographie de Julien Ribot.

© Julien Ribot
A vous de voir si le besoin d’écrire se fait sentir.
Aujourd’hui, le besoin de dire et de parler fut la plus forte …

Madeline




En ce dimanche 11 janvier 2015, je m’appelle Madeline, comme depuis ce mercredi de ma naissance, il y a 32 ans.
Je ne m’appelle pas Charlie. Je ne suis pas Charlie.
Je suis Madeline mais je voudrais pouvoir aimer tous les Charlie du monde, les vrais, les faux.
Mais je ne peux pas. Trop nombreux les Charlie !.[1]
Je suis Madeline.


Ailleurs, j’aurais été Charlie. Ma vie aurait été autre. On aurait fêté mon prénom le 4 novembre. On aurait dit de moi que j’avais un prénom charmant mais je ne suis pas Charlie.
Donc je ne suis et ne dois pas être charmante.
Je suis juste Madeline ou Madeleine de Proust comme s’amusaient à m’appeler mes compagnons de cours à la fac.
Je suis et je reste Madeline
Je ne suis pas sur le pont des Arts. D’ailleurs qu’irais-je faire sur ce pont, ce pont qui a failli crouler sous le poids des 57 094 cadenas avant que toutes les grilles soient démontées.


Moi, ce cadenas-là, j’aurais été le mettre sur la grille de la fenêtre de celui que j’aime.
Oui, il y a une grille à sa fenêtre. Sait-on jamais, le quartier pourrait ne pas être sûr.
Mais c’est juste son cœur que je veux lui voler.
Le pourquoi de la grille, l’ancien propriétaire était super-protecteur de sa fille chérie. Il craignait qu’elle fasse le mur.
Mon amoureux n’a pas supprimé la grille.



Sur le grillage rouillé, je dépose mes offrandes.
Cela fait rire mon amoureux.
À chacun de mes retours de voyage, je suis reporter, je lui accroche le porte-clés de la ville dont je reviens. Mais de plus en plus dur à trouver ce fameux porte-clé, la mode à passer, mais pas notre petit jeu, il se continue.
Je ne m’appelle pas Charlie. Je ne suis pas Charlie.
Je suis Madeline.[2]








[1] Au début de l’écriture de ce texte, à 15.32, il y avait 8 031 Charlie de par le monde repertoriés par la dernière application ajoutée sur mon téléphone portable. Je suis devenue la 8 032ème Charlie.

[2] À la mise en ligne de ce modeste texte, il y a 33 732 Charlie.

3 commentaires:

Josette T a dit…

Madeline cherche à cadenasser le coeur ? est ce cela l'amour ...
par de cadenas pour la liberté

antigone a dit…

Je comprends le sens de ton texte... même si ta Madeline me semble un peu seule avec ses cadenas. ;) Quel dommage !?

Leiloona a dit…

J'ai été contente de te revoir à ce rendez-vous. :)