lundi 2 mars 2015

Une photo, quelques mots (156), profession photographe de guerre

Le principe de cet atelier ?

Chaque mardi Leiloona publie une photo qui servira de base pour les textes. Une semaine pour l’écrire : les textes sont publiés le lundi matin.
Ni genre, ni ton imposés. Seul le plaisir d’écrire. Encore et toujours.

Pour voir les liens de tous les textes, rendez-vous ici.

2 mars 2015

Et voici la photo de cette semaine ! 
Alors que vous raconte celle-ci ? Un ciel bleu après la neige … Un aperçu aussi du carnet de voyage de Funchal (il arrive aussi vite que possible.)
© Leiloona



Je m’appelle Bill.

Je suis photographe.

Ce midi, dans ma boîte aux lettres, pour changer des factures une carte postale de ma bonne amie, Annette.
Funchal… un appel aux vacances. Elle se la coule douce là-bas depuis… cinq ans déjà.

Quelle idée lui a encore traversé l’esprit !
Des vacances !
Ai-je le temps d’en prendre alors que le monde va mal.

Je m’appelle Bill.

Je suis photographe.

Photographe de guerre est ma profession mais il faut que je fasse le point sur ma vie.
Couvrir les conflits, courir le monde, tout cela devient au-dessus de mes forces depuis les visions d’horreur que les combattants kurdes à Kobané m’ont offertes.
J’ai envie de silence, de calme.
Envie de changer ma vie.

Alors pourquoi pas quelques jours de vacances à Funchal.
Merci ma bonne amie, Annette de cette suggestion.

J’ai 59 ans et je cherche un grand chêne centenaire, devant une maison dans laquelle poser enfin mes valises et me reposer.
Envie de me réfugier dans une tour au toit tout rond.
Envie de rejoindre Ulysse sur l’île d’Éole.
Envie d’entendre le Zéphir souffler et non plus les balles siffler.
Envie de photographier des baleines, dauphins, phoques moines et non plus des combattants poussiéreux et des morts.
Envie de m’extasier devant des camélias éclatants, envie d’un autre rouge sur mes photos.
Envie de laisser mes pensées s’envoler dans des nuages qui ne seraient pas obscurcis par l’explosion d’une maison, d’une école, d’un musée ou d’une usine.
Envie d’une cachette au bout du monde.

Je m’appelle Bill.

Je suis photographe.

Je veux photographier la vie sans la mort.

-       Allô, Annette, bonjour ma douce amie. Je t’ai écoutée ou plutôt lue. J’arrive. Je décolle de Nice le 7 mars à 17.45. Tu devras me supporter jusqu’au 30.
-      
-       Oui, tu as raison. Je repars le jour de mon anniversaire. J’ai une escale de douze heures à Lisbonne
-      
-       Pour embrasser Marion…
-      
-       À très très vite.

                                                    



2 commentaires:

Adrienne a dit…

ah! une histoire qui finit bien, ça fait plaisir :-)

Aurélia a dit…

J'aime bien les répétitions ; ça fait stylé ^^