vendredi 14 octobre 2011

Plumes épistolaires (1), Trèfle à son hôtesse



LES PLUMES ÉPISTOLAIRES  

Publié le  par Asphodèle


v Si J’étais…

Sieur Trèfle
Poulailler de l’Olivier
32 Bout du chemin
ROC SUR GREEZ


Madame et chère hôtesse,


Vous écrivant au point du jour, je pourrais vous coqueliner les mots qui vont suivre et non vous les écrire, mais je ne crois pas que vous ayez étudié le langage coq au collège et en plus il y a si longtemps. Je crois d’ailleurs que vous étiez nulle en langues étrangères. J’ai mes sources.


Je suis le sieur gallinacé de votre humble demeure, où vous avez bien voulu m’accueillir il y a maintenant plus d’un an, très exactement 473 jours (soit 14 fois 32 + 25 unités – je connais votre attirance pour le 32).

Je suis encore traumatisé par cet événement qui m’avait fait atterrir en deux temps trois mouvements chez vous. J’avais été chassé avec ma première compagne, Pépette (paix à son ame) d’une maison où mon poulailler est devenu pool-house pour deux donzelles qui du jour au lendemain ne nous regardaient même plus. Elles mangeaient les œufs amoureusement pondus par Pépette et c’est tout. Nous avons été négligés après l’attrait de la nouveauté : oh, les mignons poussins ! Tu parles !


Mais là, je me dois de vous écrire pour vous faire part de mon désarroi.


Je n’avais pas osé vous déranger lors du départ précipité de deux compagnes… par les soins d’un chien errant ou d’un renard malin. Dure loi de la nature !
Je ne passe pas un jour sans lancer un cocorico à leur attention. Je suis persuadé qu’elles m’entendent au paradis des volatiles.

Je me dois de vous aviser de faits très inquiétants venant de se dérouler pendant la dernière quinzaine.

Vous n’avez pas manqué de vous en apercevoir.
Je sais que vous avez pleuré et que avez été triste de longs jours.

Mais revenons à nos moutons, si je peux me permettre.

Mon harem s’est réduit à deux seules gallinacés et comprenez mon émoi et ma détresse.
Nous étions 5 dans notre logement 4*, que vous nous avez aménagé au fil des jours avec un renforcement de la sécurité impressionnant.

Mais, nous ne sommes plus que 3.

En effet, cette chienne venue de nulle part que vous avez accueillie (je ne peux vous reprocher votre bon cœur) a estourbi Jabote, la poule noire au poitrail roux. Vous avez été témoin de ce triste événement. Je vous ai même entendu téléphoner, à un refuge ne supportant pas cette action meurtrière.

Puis, vous avez tempéré, cette Gala s’est montrée brave et tellement attachante bien que je m’en méfie à tout instant. Elle a son chic pour vous regarder en penchant la tête et en faisant ses yeux malheureux.

Une quinzaine après, j’ai du pleuré ma Nénette et là, c’est la goutte de sang qui fait déborder le vase.

Gala en était-elle responsable, malgré toutes vos précautions, je le crois et je le crains.

Nous allons devoir tous les deux prendre une grave décision.

C’est elle ou nous !

Mais je sens que je ne peux vous imposer ce choix cornélien…

Alors qu’allons-nous faire ? Instaurer des tours de promenade comme si nous étions en prison… vous imposer une discipline draconienne pour ne jamais nous laisser libres ensemble.

A chaque instant, vous êtes responsable de moi et de mes compagnes (au fait, ne pourriez-vous pas inviter deux nouvelles poulettes dont une belle poule blanche…), je vous lance cet appel de détresse : sauvez-nous !

Entendez mon coqueriquement désespéré et veillez sur nous.


Croyez, Madame et chère hôtesse, à notre dévouement.

Glou glou glou
Sieur Trèfle pour vous servir










Sous ma dictée
Par la plume de


14 commentaires:

Valentyne a dit…

Pauvre trèfle , très drôle (particulièrement la goutte de sang qui fait déborder le vase )
y a de la place si il veut a l écho des écuries , passe lui le message :-)

Eiluned a dit…

Pauvre coq ! Heureusement, il a son chant pour se faire entendre, et ses plumes !

Soène a dit…

Il me fait saliver de bon matin ton Coq, je me l'imagine bien mijoté au vin !
Trève de plaisanterie, ça ne doit pas être drôle tous les jours, dans les poulaillers !
Les animaux ont un bel avenir dans la Bloguo, le refuge de Valentyne ne sera jamais assez grand !
Bon we et bises de Lyon

Amélie a dit…

Pauvre Trèfle ! Quand il y a concurrence pour l'espace vital, c'est au propriétaire de prendre des mesures ! (ou bien de régler le problème définitivement, comme le suggère Soène, mais bon, n'est-ce pas un peu expéditif ???) :)
Bon week-end !

Asphodèle a dit…

Voilà, voilà ! J'étais sûre que tu allais nous parler "coq" !. Mon dieu quel bestiaire ce matin ! Et t'es sûre que ce n'est pas un dindon "glouglou" (avec un nom pareil !) ou celui de la farce peut-être ! Qui va répondre ? Une cuisinière avertie ou un défenseur de la cause animale ? ha ha ! Tu ouvres des portes où le diable peut s'engouffrer dans le poulailler ou Pierrot Bâton et Ysengrin qui cherche une nouvelle proie !

Syl. a dit…

Vraiment, ton chien a avalé des poules ? Je comprends le désespoir de Trèfle. Ton poulailler doit vivre sous la terreur ! J'attends la suite.

Cécile MdL a dit…

Un coq et un blog, cela peut faire une rencontre fort intéressante !

Aymeline a dit…

Pauvre Trèfle,j'espère qu'il ne va pas finir dans le four :)

Miss So a dit…

Se mettre dans la peau d'un coq (ou devrais-je dire dans les plumes !) Trop fort !!
Miss So

Bettina a dit…

Ben ma poule, va falloir répondre en langage coq coq coq codek...
C'est drôle...

Antiblues a dit…

ça me rappelle la chanson de Nougaro: le coq et la pendule !
Va finir "coq au vin" celui-là s'il arrête pas de revendiquer :lol:

Cistu a dit…

Monsieur Coq, Bravo !!! Superbe missive !! J'adore !!

32 Octobre a dit…

merci beaucoup, de la part de Trèfle qui se sent un peu plus compris et attend vos lettres et solutions avec impatience... un mois c'est long...
Cocorico !!!

Mind the gap a dit…

Bien sympa cette histoire de coq. Est-il possible de traduire les pages en langage coq sur Google pour les réponses??