vendredi 11 novembre 2011

Désir d'histoires (14), Le kiosque à musique


Sur une idée d’Olivia,



Des mots, une histoire 45



Une nouvelle récolte de mots ! Cliquez ici pour les explications…
Le défi est lancé.

Les textes du 11 novembre 2011 sont ici




Le kiosque à musique.

La pluie ne cessait de tomber depuis le 1er du mois. Tous les records étaient battus.   332 mm, plus que les douze mois de chaque année précédente, depuis sept ans. Noémie était devenue accro du site du propriétaire de la station météo installée dans son village et surveillait la montée des eaux dans son jardin.

Noémie ne se risqua pas à aller faire quelques pas de danse, comme Gene Kelly, sous la pluie.
Elle retomba simplement en enfance, en s’amusant, chaussée de ses bottes décorées de dessin de Mickey, à sauter de flaque en flaque avec sa chienne qui s’en donnait à cœur joie elle aussi.

La sortie du précédent week-end avec les ornithologues du secteur avait été annulée. L’observation des vols de départ des grues et des pigeons ramiers avait été remise à l’année prochaine. Impossible dans les conditions météo actuelles de faire des observations. Même la recherche et la récolte des noisettes dévorées par des muscardins avaient été annulées. Plus rien n’allait.

Noémie s’apprêtait à aller Le rejoindre.

Avant de partir, elle avait jeté un dernier coup d’œil au miroir de l’entrée.
Remarquerait-il qu’elle avait coupé ses cheveux (pas trop, mais c’était visible quand même) et caché ses cheveux blancs ?
Elle n’en fit pas le pari. Elle était presque sûre de perdre.
Elle était en avance, comme d’habitude.
Toujours peur de le faire attendre ou de se perdre.

Elle avait laissé un mot sur sa porte pour le livreur de bois : « J’ai dû m’absenter. Mettre à l’endroit habituel ».
Elle savait qu’il allait sourire. Ils se connaissaient depuis l’enfance, avaient été plus ou moins amoureux l’un de l’autre. Son absence l’intriguerait, elle qui d’habitude était là quand son passage était annoncé et programmé depuis longtemps. Il rangerait le bois dans la remise. Il connaissait les lieux.

En effet, ce matin-là, Lui, lui avait donné rendez-vous sur la promenade des Forgerons, un drôle de nom pour une avenue longeant la mer. Noémie qui aimait toujours savoir le pourquoi du comment n’avait pas cherché à en savoir plus. Elle était juste intriguée.
D’ailleurs, heureusement qu’il lui avait donné deux précisions.
« C’est juste après le kiosque à musique », un lieu qu’elle appréciait beaucoup, car elle chercherait encore.
Cette adresse, un petit clin d’œil à leurs nombreuses discussions, comme quoi on pouvait être kantiste et apprécier la musique. Aucune contre-indication pour cet esthète qu’elle se piquait d’être.


 « Il y a une immense mosaïque ». En effet, ce kiosque à musique avait une particularité. Son sol était une immense mosaïque, au titre là aussi très étrange « Renouveau »[1]. La commune était très fière de cette œuvre faite par un enfant du pays.

Elle avait marqué l’imagination de nombreux enfants, dont la sienne, l’année de ses dix ans, quand on lui avait demandé de la reproduire à sa façon pour rendre hommage à l’artiste et participé à l’exposition annuelle des dits-dessins.
Son absence de don pour le dessin lui avait commettre un affreux gribouillis que la maitresse n’avait pas osé exposer, de peur que l’artiste ne se retourne dans sa tombe. Noémie l’avait retrouvé dans un carton dans le grenier de ses parents tout à fait par hasard. Sa mère était très conservatrice et surtout très indulgente sur les productions artistiques de sa fille.
Saperlipopette, qu’est-ce que j’étais nulle en dessin, avait-elle pensé. Cela ne s’est d’ailleurs pas amélioré.
Elle n’arrivait pas à garder le contrôle de sa main et de ses pensées quand elle s’essayait aux arts plastiques.  Un vrai désastre !
Elle avait toujours résisté à la tentation d’aller prendre des cours, se trouvant beaucoup trop gauche pour espérer quelque amélioration de son état.







Liste des mots


Forgeron – kantisme – Pluie – Danse – Ornithologue – Miroir – Livreur – Esthète – Renouveau – Mosaïque – Marquer – Absence – Contrôle (dans le sens : maitrise de soi) – Saperlipopette - Tentation


12 commentaires:

Anonyme a dit…

On utilise les 30O mm d'eau qui me sont tombes sur la tête pour écrire son texte! aucune pitié.

wens a dit…

l'anonyme est un tueur à gage qui sévit sur le blog pas encore bien réveillé.

32 Octobre a dit…

Noémie doit craindre 11.11 ce 11/11/11...le tueur à gages risque de lui chercher des poux dans la tête

Soène a dit…

Ton kiosque à musique est charmant avec sa moïque et la pluie t'a aidée à faire un billet poétique.
Bon 11/11/11 !

Pierrot Bâton a dit…

Une dame à cheveux blancs qui saute dans les flaquesavec des bottes "Mickey" , j' aime bien ça!

ceriat a dit…

Toujours aussi vivant et bien rythmé. :-)
Moi aussi j'aime sauter dans les flaques d'eau/ ;-)

Olivia a dit…

Oh oui, retombons en enfance avec des bottes mickey !
J'aime bcp ce texte, on ne sent pas les mots imposés.

Eryndel Lùvalan a dit…

J'aime beaucoup ce récit ! La façon dont s'impose à nous les souvenirs d'enfance, omniprésents grâce aux bottes Mickey et à la mosaïque, est tout simplement poétique à souhait.

Valentyne a dit…

Une charmante dame aux cheveux blancs qui a un rendez vous près du kiosque à musique ? Je l ai vue gambader dans les flaques :-)

Julie Mallauran a dit…

C'est vrai qu'on ne sent pas du tout les mots imposés, l'imagination a pris le dessus...
PS : tag chez moi...

covix a dit…

Bravo pour Noémie... cela appel une suite...
Bonne soirée
@mitié

Asphodèle a dit…

Elle m'est très sympathique cette Noémie qui aime les kiosques à musique et sauter dans les flaques ! En plus sa "gaucherie" me rappelle des souvenirs...et encore maintenant ! :) Beau texte vraiment...