vendredi 16 septembre 2011

Défi du samedi (6), défi 159 - La course d'orientation


10 septembre 2011


Défi #158Avoir ou pas le sens de l’orientation




La course d’orientation
http://www3.ac-nancy-metz.fr/eco-l-pergaud-metz/spip.php?article337


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Papy, c’est quoi une course d’orientation, demanda Camille à Nestor
C’est une course à pied avec une carte et une boussole, lui répondit son grand-père.

Nestor se demandait encore pourquoi son petit-fils lui avait posé cette question, quelques jours avant la fin des vacances que celui-ci passait chez lui.
Il n’en avait pas dit plus et Camille n’avait rien ajouté.

Nestor se demandait ce que Camille avait trouvé dans le grenier qui avait fait surgir cette interrogation. Et soudain, il comprit.

Dans la grande malle bleue, dans un grand sac en toile orange, il se souvenait avoir accumulé ses souvenirs de ses courses d’orientation.

Il y avait sa thèse soutenue il y a plus de trente ans sur le sujet. Un défi qu’il avait relevé face à tous ceux qui se moquaient de sa lubie, comme ils disaient. Pour lui courir 100 mètres, faire un tour, dix tours de piste, cela ne le passionnait pas. Il lui fallait la nature, se laisser guider par les étoiles, s’orienter grâce à sa boussole à laquelle il tenait autant qu’à la prunelle de ses yeux. Elle avait appartenu au frère de sa grand-mère maternelle. Elle avait vu les tranchées de la Grande Guerre. 
Il avait été un des pionniers de la course d’orientation sous terre. 
Il s’était entrainé des heures et des heures à estimer les distances, à reconnaître les spécificités et odeurs des plantes. Il avait appris à calculer les pentes, les dénivelés.

De sa passion, il avait son métier : il était devenu cartographe.

il trouvait Camille trop petit pour l’entraîner sur ses traces.
Il s’aperçut que Camille avait déplié les cartes au 10 000 ème. Elles n’étaient plus rangées dans le même ordre.

Camille, si curieux d’habitude, ne l’avait pas interrogé plus sur ses découvertes. Il regrettait. Il aurait bien aimé lui parler de ses courses faites sans GPS à l’époque.
Il lui aurait parlé de la première course d’orientation organisée en France en 1967. Il y avait participé, il avait tout juste 15 ans. À dater de ce jour, il était devenu un mordu de ce sport.

Dans la malle, Camille avait dû trouver sa première tenue, lourde, inesthétique. Il l’imaginait en train de sourire à cette découverte.
Il y avait aussi plusieurs balises qu’il a avait rapporté comme trophée.

Nestor se promit de préparer une course d’orientation rien que pour lui et son petit-fils, pour son prochain séjour. Il se sentait revivre rien que d’y penser.




Enrico Bragante - Austria  




Merci de l’aide involontaire de Yannick Dissart qui m’a permis de créer un pan de la vie du personnage, Nestor

D'autres épisodes de la vie de Camille, ici.

6 commentaires:

patriarch a dit…

Nous en faisions à l'armée et de nuit...

belle journée.

Asphodèle a dit…

La complicité entre les deux devient intéressante et comme d'habitude tu es très bien documentée ! Je vais essayer de ne pas me perdre en sortant...

Violette W-Ruer a dit…

Une agréable histoire.
merci de ta visite sur mon blog.
Amicalement
Violette

Marc de Metz a dit…

J’admire ton style car il donne à cette histoire une intimité et une modernité qui me touchent. Je m’y retrouve parfaitement orienté dans une relation pleine de tendresse et de complicité. Bonne journée, @micalement, Marc de Metz.
Merci de ton passage sur mon blog et de l’avoir signé avec un commentaire qui m’a fait sourire et de bon cœur.

Eryndel a dit…

C'est une belle histoire, où Nestor replonge dans le passé et trouve l'envie de faire à nouveau une course d'orientation rien qu'à partir d'une question de son petit-fils. Il suffit d'un rien pour renouer avec ses passions, vraiment...

Merci de ton passage sur mon blog et bon dimanche.

32 Octobre a dit…

merci de vos commentaires
je repars préparer la course d'orientation de Nestor...