lundi 12 septembre 2011

Une photo, quelques mots (7) La photo de Camille


Grâce à Leiloona et à sa proposition


Une photo, quelques mots (7)

Et me revoici avec la photo de la semaine ! 


Les textes, ici


Pstt !!!  
Vous me reconnaissez ?
Non !
Pas très gentil pour moi.
Je sais, je n’ai que sept ans.

Qui s’intéresse à un enfant de sept ans ? Personne.
Pourtant !
Moi, je suis digne d’intérêt.
Je suis en avance pour mon âge, qu’ils disent.
Qui ils ?
Mes parents, ma tante, mon oncle, mes grands-parents.
Pas mon frère, ni ma sœur, parce que je n’en ai pas.
Je suis fils unique et je veux le rester.
Pas envie de les partager.

Je disais donc que j’étais en avance pour mon âge.
Normal donc, que mes grands-parents, ils pensent cela.
Je les fais craquer, mais pas tourner bourrique.
Je ne suis pas comme cela.

Donc, cette photo, c’est Papy qui l'a prise avec son appareil top du top des appareils numériques. Mais je n'ai pas le droit d’y toucher. Je suis trop petit, paraît-il. Il m’a donné son ancien appareil. Je m’amuse bien avec, mais je ne maîtrise pas encore le retardateur. Je ne peux pas me prendre encore en photo tout seul.

Donc cette photo, elle est signée ©Kot², c’est le nom d’artiste de mon grand-père Nestor. Vous savez celui du Resty, où je passe toutes mes vacances à fouiller dans le grenier et à faire rien qu’à lire comme ils disent. Il ne prend que très rarement des photographies en couleur.

Donc, cette photo, elle a été prise le trente-deuxième jour de mes vacances. J’étais allé visiter la basilique avec Papy Nestor. Nous y allions aussi pour écouter les grandes orgues dans le cadre de la manifestation qui s’appelle « Les points d’orgues », naturellement. Mamie Natacha n’était pas avec nous. Nous y étions allés entre hommes.

Là, je surveillais l’entrée. Voir s’il y avait du monde qui arrivait encore. Il était presque 17 heures et cela allait commencer.

Je n’ai jamais compris. Il faut écouter en tournant le dos aux grandes orgues. C’est débile. Pardon, je suis dans la basilique et je dois être poli. Quand je vous dis, que je suis un petit garçon drôlement bien.
C’était notre dernière sortie. Les vacances allaient bientôt prendre fin et, moi, m’en retourner en Espagne. Pas à me plaindre je suis resté là tout l’été.

On aperçoit un brin d’olivier, accroché au dossier de ma chaise. Heureusement qu’il y a la preuve sur la photo, je ne m’en souvenais pas.

Cette photo-là, je crois que je vais la donner à Anita, ma copine du lycée français. Je suis sûr qu’elle va lui plaire. Faut pas le dire, Anita, c’est mon amoureuse.

Pendant les vacances, on a échangé des messages. Si Papy Nestor savait cela…



13 commentaires:

leiloona a dit…

Ah, ah, m'imaginer Kot en papi me fait tout drôle ! :lol:
Le parler du petit est bien rendu aussi ! :D

patriarch a dit…

il en rirait le Papy....

belle journée.

juliemallauran a dit…

J'aime beaucoup le style du texte. J'aime bien la relation entre l'enfant et la photo, qui reflète sa relation avec son grand-père... Finalement, c'est peut être bien un petit garçon...

Gwenaelle a dit…

Chez toi aussi c'est un garçon alors? Un petit coquin qui a la langue bien pendue... :-D

Jean-Charles a dit…

Ah une suite ! Et rassurez-le on ne répétera pas !

Justine a dit…

J'aime bien le ton du texte : on croirait avoir l'enfant près de soi qui nous parle !
Et ce mystérieux 32ème jour... (Le 32 octobre sonne pour moi comme une date impossible ; ce 32ème jour de vacances hériterait-il un peu de cette impossibilité ?)

Mathylde a dit…

Le ton du texte est effectivement très bien choisi :) Très agréable à lire !

Olivia a dit…

C'est vraiment tout mignon !

Aymeline a dit…

très mignon ce texte :)

Amélie a dit…

Il est mignon, ce petit bonhomme ! Et il semble vraiment s'intéresser à tout ! C'est beau, la curiosité tous azimuts !

Asphodèle a dit…

Une tendresse et une complicité qui jaillissent avec la spontanéité de l'enfant....

Luna a dit…

C'est très joli.
La photo comme le texte ;)

Merci d'être passé !

La plume et la page a dit…

J'aime bien l'idée qu'il aille dans un lycée français ce garçon.
(Au fait, pourquoi "32 octobre"? Ca m'intrigue...)